La pâtée pour cochons à l’origine de l’épizootie

Londres (Grande-Bretagne), 27 mars 2001 – Londres a annoncé mardi l’interdiction de la pâtée pour cochons qui serait à l’origine de l’épizootie actuelle de fièvre aphteuse, alors que la Grande-Bretagne prévoit désormais de demander l’autorisation à Bruxelles de vacciner son cheptel, le nombre de foyers atteints par le virus approchant les 700 et échappant clairement à tout contrôle.

Par ailleurs, le comité vétérinaire permanent de l’Union européenne a a proposé de lever l’embargo sur les exportations françaises de viande fraîche, de produits laitiers et de peaux à compter du 3 avril, si aucun nouveau cas de fièvre aphteuse n’apparaît d’ici là.

L’embargo concernant l’ensemble du cheptel français resterait néanmoins en vigueur au moins jusqu’au 12 avril. Le comité vétérinaire recommande à la Commission européenne de remplacer l’embargo frappant la France entière par un embargo limité aux seuls trois départements concernés (Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis Val d’Oise) par le deuxième foyer de fièvre aphteuse diagnostiqué vendredi dernier en région parisienne.

Le comité vétérinaire permanent des Quinze a décidé par ailleurs de maintenir jusqu’au 6 avril les restrictions concernant le bétail néerlandais ainsi que les exportations de produits animaux. Il a aussi décidé d’alléger les restrictions sur l’importation de produits animaux en provenance d’Irlande du Nord, imposé pour lutter contre l’extension de l’épidémie de fièvre aphteuse, mais a prolongé jusqu’au 19 avril au moins l’embargo sur le bétail de Grande-Bretagne et d’Irlande.

Le gouvernement de Londres a annoncé l’interdiction de la pâtée pour cochons, ce mets composé à partir de déchets alimentaires étant apparemment à l’origine de l’épizootie actuelle. Le ministre de l’Agriculture, Nick Brown, a précisé qu’une telle pâtée, qui a pu être préparée à partir de viandes de récupération trafiquées, avait contaminé la porcherie de Heddon-on-the-Wall (nord de l’Angleterre) et qu’à partir de là, le virus avait pu rapidement se répandre dans tout le pays.

On ignore à ce stade comment la pâtée pour cochons s’est trouvée infectée, a ajouté le ministre. Une hypothèse est actuellement privilégiée celle de l’arrivée d’une cargaison illégale de viande ou par des produits alimentaires apportés dans le pays par un voyageur. La presse affirmait mardi que l’on avait retracé le virus originel dans une cargaison de viande achetée par un restaurant chinois mais M. Brown s’est borné à dire qu’une livraison illégale était une source possible de contamination.

Alors que le virus de la fièvre aphteuse était identifié à Heddon-on-the-Wall, des animaux infectés étaient transportés dans tout le pays, du Devon dans le sud-ouest à Dumfries et Galloway à la frontière écossaise. C’est ainsi que le virus se serait répandu, selon l’historique de l’épizootie esquissé par les autorités britanniques. « Il s’agit d’une épizootie sans précédent qui n’a pas encore atteint son point culminant », a déclaré Nick Brown devant la Chambre des Communes. Il a précisé que le nombre de foyers était désormais de 693 en Grande-Bretagne.

Face à cette situation incontrôlable, la question de la vaccination n’est plus écartée. « Il y a encore quelques jours, cette vaccination était encore considérée comme parfaitement indésirable par une bonne partie du monde agricole », déclarait lundi soir le Premier ministre britannique Tony Blair. « A mesure que nous pistons la maladie et que nous voyons la manière dont elle se répand, des choses qui ont pu sembler totalement inenvisageables il y a encore peu doivent à présent être envisagées ».

A Paris, on ne veut pas en entendre parler, du moins pour le moment. Le ministre français de l’Agriculture Jean Glavany a dit espérer « pouvoir éviter » une vaccination du cheptel français car cela aurait des conséquences économiques « catastrophiques ». C’est une solution « que le gouvernement n’a jamais exclue », a-t-il rappelé toutefois. Néanmoins, Jean Glavany « voudrait l’éviter aux éleveurs français parce que la conséquence de cette vaccination serait catastrophique pour l’économie de la filière et de l’élevage en France ».

L’Union européenne a annoncé mardi que la maladie et de la vache folle et la fièvre aphteuse avaient entraîné l’arrêt de 94% des exportations bovines européennes dans le monde.

Source : AP

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