La récolte 2002 de vin italien est la plus mauvaise en un demi-siècle

Rome (Italie), 10 novembre 2002 – Les amateurs de vin italien ont peu de raisons de se réjouir: les vignes d’Italie ont en effet été ravagées cette année par un hiver sec et un été humide, ce qui a donné la pire récolte depuis un demi-siècle.

Les producteurs des vins les plus demandés préviennent les consommateurs qu’il faut s’attendre à ce que les prix soient plus élevés et les quantités plus petites quand les bouteilles étiquetées « 2002 » feront leur apparition dans les magasins.

Les vignobles italiens constituent une des principales activités économiques du pays et représentent plus de 20% de la production mondiale de vin.

« Nos collines sont couvertes de vignes et d’oliveraies. Sans cela, il n’y aurait pas grand-chose d’autre à produire. Nos collines ne produiraient que de la pauvreté », affirme Domenico Regazzi, doyen de la faculté d’agriculture à l’Université de Bologne.

Certains des vignerons les plus touchés, dont la récolte est mauvaise tant en quantité qu’en qualité, ont été jusqu’à « déclasser » leurs raisins, les utilisant pour produire des vins moins raffinés.

Jacopo Biondi Santi, producteur en Toscane du Brunello di Montalcino, un des meilleurs « rouges » italiens, fait partie de ceux qui ont dû prendre une telle décision.

« Nos raisins ont été abîmés par l’humidité et la moisissure, la peau est trop fine et la teneur en alcool est trop faible. On ne peut pas faire du Brunello avec ces raisins », estime-t-il. D’après lui, l’absence de production de Brunello coûtera quatre millions d’euros à son établissement viticole.

Selon les experts, les pluies d’été et la grêle qui ont frappé le Piémont, la Toscane et la Venétie, des régions du nord de l’Italie où sont produits certains des vins les plus cotés, sont arrivées au plus mauvais moment.

Pendant les derniers jours de l’été, un temps chaud et sec est en effet crucial pour aider la peau du raisin à s’épaissir. Celle-ci contient toute la saveur et les arômes de vins aussi prestigieux que le Pinot Grigio, le Brunello di Montalcion et le Barolo.

Certaines régions ont été épargnées par les dégâts, comme la partie de la Toscane où est produit le Chianti, et plusieurs régions du sud de l’Italie.

Malgré cela, dans ses premières prévisions pour 2002, l’Association des oenologues italiens affirme que la récolte de cette année produira seulement 4,18 milliards de litres, ce qui représente une baisse de 20% par rapport à l’an dernier.

Alberto Marchisio, un oenologue de Cantina Terre del Barolo, dans le Piémont, souligne que la plupart des vignerons ont dû accepter de réduire leur production pour sauver les normes de qualité. « Quand le mauvais temps frappe, nous taillons nos vignes, réduisant les besoins énergétiques de la plante et permettant seulement aux meilleurs raisins d’arriver à maturité », explique-t-il.

Pour sauver l’industrie du vin, le ministère de l’Agriculture a créé un Fonds national de solidarité de 150 millions d’euros, selon la porte-parole du ministère, Emanuela Lancianese.

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