La sécheresse dans le Sud-Ouest de l’Europe devient préoccupante

Anduze (France), 8 août 2005 – Faute de pluie, le Sud-Ouest de l’Europe se retrouve confronté à une sécheresse exceptionnelle avec des niveaux d’eau parmi les plus faibles jamais atteints. La France, l’Espagne et le Portugal doivent imposer des restrictions aux habitants et aux agriculteurs.

La situation au Portugal est la pire jamais constatée. A travers le pays, plus de 50 000 habitants des zones rurales à sec sont abreuvés grâce à des camions-citerne et la région touristique de l’Algarve, sur la côte sud du pays, pourrait devoir imposer des coupures d’eau à ses visiteurs.

En Espagne, les pluies ne s’étaient pas faites aussi rares depuis 65 ans, et les choses ne sont pas près de s’améliorer: les météorologues espagnols s’attendent à ce que le ciel reste dégagé tout le mois d’août, avec des températures dépassant les 40 degrés. La fin juillet a été torride avec 42 degrés enregistrés dans de nombreuses villes du Sud. Le niveau d’eau dans de nombreux barrages, lacs ou rivières n’est plus qu’à 20% des capacités totales.

En France, après un automne et un hiver très secs, les réserves sont également au plus bas dans le Sud et l’Ouest. Deux départements sur trois ont imposé des mesures de restriction d’eau et plusieurs villages ont dû procéder à des coupures d’eau pour protéger leurs faibles ressources. A Anduze, dans le Gard, la fontaine du village vieille de 350 ans ne coule plus faute d’eau.

Ailleurs, les particuliers ont été appelés à réduire leur consommation: il est interdit de laver les voitures, d’arroser les pelouses ou de remplir les piscines, et les agriculteurs doivent limiter leurs prélèvements.

« C’est une sécheresse exceptionnelle et il va falloir attendre l’automne avant de revenir à une situation normale », prévoit Frédéric Nathan, prévisionniste à Météo-France. Pour l’heure, les pluies d’été ont été plus faibles qu’à l’habitude, atteignant pour certaines régions seulement la moitié de la normale. En revanche, la canicule ne sévit pas, contrairement à 2003.

Dans les trois pays, la sécheresse a provoqué des incendies meurtriers. En Espagne, onze pompiers sont morts en combattant un feu de forêt provoqué par un barbecue mal éteint. En France, deux avions bombardiers d’eau se sont écrasés lors de largages, provoquant la mort des deux pilotes d’un Canadair en Corse. Un pilote espagnol a péri samedi dans un accident similaire. Au Portugal, le feu a déjà détruit plus de 68 000 hectares de forêts cette année, dont plus de la moitié en juillet.

Certains expliquent cette situation par le réchauffement de la planète, tandis que d’autres insistent sur la responsabilité de l’homme, par ses gaspillages et l’irrigation effrénée.

Pour eux, la culture du maïs, gros consommateur d’eau, est en partie responsable: « L’irrigation du maïs, que l’on persiste à maintenir au-delà du raisonnable (…) remet en cause l’approvisionnement en eau pour les populations dans certains départements », a ainsi dénoncé Jacques Pasquier, responsable du dossier sécheresse à la Confédération paysanne.

Les cultivateurs de maïs doivent réduire leur arrosage et voient leurs plants végéter. La Confédération paysanne a également mis en avant la situation difficile des éleveurs qui vont devoir acheter du fourrage pour compléter l’alimentation des troupeaux.

Les industriels ont dû aussi faire un effort pour limiter leurs prélèvements, et EDF a fait savoir que sa production électrique était affectée par le manque d’eau de ses barrages.

Source : AP

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