L’affaire Parmalat risque d’affecter toute l’économie italienne

Rome (Italie), 22 janvier 2004 – La faillite du groupe agroalimentaire Parmalat et d’autres crises mettant en jeu des émissions obligataires ont amputé les économies de quelque 800 000 Italiens et n’encouragent guère le consommateur à dépenser pour soutenir la reprise.

Des associations de consommateurs italiennes estiment que les derniers scandales financiers – Parmalat, la faillite de Cirio et les emprunts argentins – ont coûté à l’épargnant italien près de 37 milliards d’euros.

« Il y a une méfiance totale envers les banques, les autorités de tutelle et le gouvernement », a déclaré à Reuters Elio Lannutti, président de l’association Adusbef.

L’effet Parmalat sur le moral des ménages italiens est apparu patent lorsque l’institut d’études Isae a annoncé jeudi que son indice de confiance était tombé à un plus bas record et que cela était imputable au producteur laitier.

Le président de la puissante fédération patronale Confindustria n’a fait qu’enfoncer le clou quelques heures plus tard devant le Parlement. « Cette perte de confiance et le risque pour les entreprises de s’aliéner les investisseurs portent sérieusement atteinte à la capacité de croissance et d’investissement, sans parler des graves répercussions sur l’ensemble de l’économie », a déclaré Antonio D’Amato.

Des manifestants brandissant des emballages laitiers de Parmalat et des boîtes de tomate en conserve de Cirio ont marché sur la Banque d’Italie cette semaine, pour exprimer leur colère.

D’un point de vue historique, l’Italien est l’un des plus gros épargnants de la planète et sa préférence se portait jadis sur les emprunts d’Etat jusqu’à ce que l’arrivée de l’euro mette à mal leurs rendements et encourage beaucoup d’entre eux à aller voir ailleurs.

La Bourse était alors en plein essor et les emprunts obligataires émis par les entreprises apparaissaient comme une alternative parfaite.

Histoires épouvantables
Parmalat a déposé son bilan fin décembre, avec à la clé un trou financier d’une dizaine de milliards d’euros. Pour l’heure, 11 personnes ont été arrêtées et quelques grandes banques de la planète se retrouvent au coeur d’une enquête dont les ramifications ne cessent de se multiplier.

La presse se répand en histoires épouvantables de retraités ruinés ou d’épargnants plus jeunes mais tout aussi fauchés.

Un sondage de l’institut d’études Eurispes publié jeudi montre que deux tiers des Italiens jugent que la politique économique du gouvernement est un échec complet.

Pour les analystes l’heure est grave: il est d’une importance vitale de redonner confiance à l’homme de la rue parce que les dépenses des ménages représentent les deux tiers du PIB du pays.

La troisième économie de la zone euro a connu la récession au premier semestre 2003 et sa croissance annuelle risque de n’avoir pas dépassé 0,5%.

Pour 2004, le gouvernement vise une croissance de 1,9% mais le vice ministre de l’Economie Mario Baldassarri a dit cette semaine sans autres précisions que la crise Parmalat aurait des répercussions.

Rome réfléchit à des mesures pour éviter que le cataclysme ne se reproduise. Le président de l’institut Isae Alberto Majocchi recommande de faire très vite pour ranimer la confiance du consommateur. Lannutti, de l’Abusdef, convient qu’il faut que l’épargnant se sente rassuré à nouveau, et vite.

« La confiance n’est pas importante que pour le seul secteur de l’épargne, mais pour l’économie dans son ensemble. Si les gens ne veulent plus mettre leur argent à la banque et s’ils ne veulent pas le dépenser parce qu’ils pensent que les prix ont monté avec l’euro, alors il finira sous le matelas », dit-il.

Source : Reuters

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Parmalat Canada
http://www.parmalat-ca.com/

Commentaires