L’aide financière de l’Ontario aux producteurs de céréales et d’oléagineux, un objectif raté

Guelph (Ontario), 7 mars 2006 – Les producteurs de céréales et d’oléagineux de l’Ontario tirent la sonnette d’alarme après l’annonce décevante à propos d’une aide financière qui cette fois encore ne réussira pas à répondre à un besoin très réel d’un secteur classé deuxième en importance en Ontario.

Les 29 000 familles de producteurs de céréales et d’oléagineux souffrentd’une crise des revenus agricoles et ne reçoivent pas une aide appropriée dela part des différents ordres de gouvernement.

Aux dires de Peter Tuinema, président de l’Ontario Grain and OilseedSafety Net Committee (comité de protection du revenu des producteursd’oléagineux et de céréales de l’Ontario), « Cette année les producteurs decéréales et d’oléagineux de l’Ontario ont perdu plus de 500 millions dedollars ». « L’aide financière annoncée hier, c’est un pansement de 16 $ l’acresur une blessure de 102 $ l’acre. »

Après une année d’efforts pour obtenir un programme d’assurance des prixà long terme afin de les aider à rester compétitifs face aux producteursfortement subventionnés des Etats-Unis et d’Europe, les producteurs decéréales et d’oléagineux sont indignés de voir que le gouvernement McGuintya ignoré leur proposition de mise sur pied d’un programme de gestion desrisques.

Au printemps dernier, les producteurs de céréales et d’oléagineux del’Ontario ont dévoilé leur PGR, un programme d’assurance des prix proposé parles agriculteurs sur le modèle des programmes déjà en place au Québec, enAlberta et aux Etats-Unis, lequel nécessiterait un investissement desgouvernements provincial et fédéral et le paiement de primes par lesagriculteurs.

Selon Greg Devries, président de l’Ontario Soybean Growers (associationdes producteurs de soya de l’Ontario), « le PGR est un programme raisonnablesusceptible d’être proposé aux contribuables car il fait reposer le fardeaufinancier autant sur les agriculteurs que sur les gouvernements ». « Nousavons passé une grande partie de l’année à dire à notre gouvernement que dessubventions ponctuelles en situation de crise ne nous aident pas à long termetandis qu’un investissement dans un PGR nous aiderait à prendre des décisionsconcernant la planification de nos activités, et avec lesquelles nouspourrions faire appel aux banques. »

En vertu de la répartition traditionnelle d’attribution de crédits parles gouvernements fédéral (60 %) et provincial (40 %), les producteursdemandent 300 M$ au premier et 200 M$ au second pour financer le PGR pourl’année agricole 2005-2006. Cette année est exceptionnellement mauvaise. Uneanalyse indique que dans le cas d’années plus proches de la normale, le PGR nenécessiterait que 205 M$ de la part du gouvernement fédéral et 137 M$ de lapart de la province.

« Voilà ce que nous trouvons frustrant, » déclare M. Eadie. « Desagriculteurs de l’Ontario perdent leurs exploitations. Ils ne peuvent pascontinuer à produire des denrées bon marché en attendant que le gouvernementagisse comme il le doit. Il est temps que notre gouvernement provincial prenneses responsabilités et qu’il investisse dans le secteur de l’approvisionnementalimentaire intérieur et dans nos collectivités rurales. Nous en avons assezd’être ignorés et nous continuerons de nous battre d’ici la prochaine électionen 2007. »

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ontario Soybean Growers
http://www.soybean.on.ca/

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