L’Argentine va augmenter les taxes à l’exportation

Buenos Aires (Argentine), 2 avril 2002 – Le gouvernement argentin mettait une dernière main à une série d’augmentation des impôts pour les secteurs tournés vers l’exportation, favorisés par la dévaluation du peso, afin de répondre à l’exigence du Fonds monétaire international de contrôler le déficit fiscal et normaliser le marché des changes.

« L’annonce est imminente » d’une augmentation des impôts sur les ventes à l’extérieur, d’un montant de 10 à 20%, bien que des échelles de référence seront établies en fonction du produit et de son origine régionale, a indiqué à l’AFP un haut fonctionnaire du gouvernement sous couvert d’anonymat.

L’objectif du gouvernement du président Eduardo Duhalde sera de faire entrer dans les caisses quelque 4,2 milliards de pesos (1,5 milliard de dollars) supplémentaires et respecter le déficit budgétaire calculé pour la fin de l’année à 3,5 milliards de pesos alors que la prévision des rentrées fiscales pour le mois de mars fait état d’une nouvelle baisse de 11%.

L’autre but du gouvernement est de freiner l’escalade des prix des aliments de base, dérivés des céréales et des grains, les secteurs qui gagnent le plus à l’exportation et sont cotés en dollars sur les marchés internationaux.

« Le retard à trouver un accord international (avec le FMI) et la chute du recouvrement de l’impôt obligent à prendre ces décisions transitoires », a déclaré de son côté le ministre de la Production José de Mendiguren sur une radio nationale.

La difficulté à trouver un accord pour la reprise de l’aide du FMI a pour origine, selon les techniciens du Fonds, le manque de confiance généré par le programme argentin et l’absence des réformes recommandées par l’organisme.

Parmi celles-ci figure, en premier lieu, la nécessité de traduire dans les faits la promesse des 24 provinces de baisser de 60% leurs dépenses de fonctionnement qui ont atteint 5 milliards de pesos l’an dernier, selon la presse économique argentine.

Une nouvelle mission du FMI a commencé mardi à examiner les comptes de Buenos Aires. Cet examen devra être terminé avant la réunion de printemps du Fonds qui aura lieu les 20 et 21 avril.

La décision d’augmenter les taxes du riche secteur agroalimentaire, qui a vendu plus de 10 milliards de dollars l’an passé, ouvre un nouveau front de conflit pour Eduardo Duhalde, le président argentin ayant déjà fort à faire sur le plan social alors que plus de 40% de la population vivent sous le seuil de la pauvreté.

Enrique Crotto, président de l’influente Société rurale argentine, a estimé que l’augmentation des taxes allait faire chuter la production dans un pays entré en avril dans son 46ème mois de récession.

Le gouvernement, après la longue trêve pascale allongée par le « jour des Malouines », est parvenu à maintenir le cours de la monnaie qui est resté mardi en dessous des 3 pesos pour un dollar quand il avait atteint 4 pesos huit jours auparavant.

Eduardo Duhalde, hanté par le spectre de l’hyperinflation, est également confronté à une hausse de 25% du « panier » des produits de base, composé de 65 articles, calculé par l’Association de défense des usagers et des consommateurs.

En revanche, l’économiste de la Banque interaméricaine du développement Guillermo Calvo a estimé que la politique suivie par l’Argentine « ne mène pas à l’hyperinflation, surtout si elle trouve un accord avec le FMI » pour débloquer une ligne de crédits de 9 milliards de dollars.

Concernant le secteur financier, la Fondation capital a révélé mardi que les Banques avaient constaté une perte des dépôts de 2,7 milliards de pesos par mois en raison des décisions de justice favorables aux épargnants ayant réussi à se faire rembourser leurs avoirs bloqués par le « corralito », les restrictions bancaires mises en place le 3 décembre.

Un juge a ordonné mardi à un groupe de banques étrangères de rendre leurs avoirs à un groupe d’épargnants, une somme atteignant 5 milliards de dollars.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fonds monétaire international (FMI)

http://www.imf.org/

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