Le blé bondit de 20 %

Supportés par des incertitudes météorologiques en Amérique du Sud, en Australie et dans les plaines du centre des États-Unis ainsi qu’un contexte d’offre et demande très serré pour 2011, les prix des grains ont connu une progression intéressante de leur valeur au cours de la semaine dernière (29 octobre au 3 décembre).

Maïs (Mars 11) : + 0,17 $US/boisseau (6,79 $CAN/TM) à 5,7350 $US/boisseau (229 $CAN/TM)

Soya (Jan. 11) : + 0,6075 $US/boisseau (22,65 $CAN/TM) à 13,0550 $US/boisseau (486,65 $CAN/TM)

Blé (Mars 11) : + 1,22 $US/boisseau (45,48 $CAN/TM) à 7,79 $US/boisseau (290,39 $CAN/TM)

Sans contredit, la progression de la valeur du blé a été l’élément principal qui a relancé à la hausse les prix des grains. Ce sont les conditions difficiles de récolte (trop d’averses) en Australie, conjuguées aux conditions très sèches pour les cultures de blé d’hiver aux États-Unis, qui ont suscité ce nouvel engouement des marchés pour cette céréale. Au bas mot, le prix du blé a ainsi réalisé un rebond de près de 20 % de sa valeur entre l’ouverture et la fermeture des marchés la semaine dernière.

Les conditions très sèches en Amérique du Sud, et particulièrement en Argentine, suscitent également toujours beaucoup d’inquiétudes. Certaines averses dispersées ont bel et bien été rapportées la semaine dernière dans quelques régions et les sols ont pu jusqu’ici profiter des conditions plus humides qui avaient eu lieu tôt cet automne.

Par contre, alors que le phénomène météorologique de La Niña se fait de plus en plus sentir, plusieurs spécialistes appréhendent des conditions très sèches pour les prochains mois, ce qui pourrait inévitablement porter atteinte au rendement et à la productivité des prochaines récoltes sud-américaines.

Cette situation survient alors que, comme l’a mis en lumière le dernier rapport du USDA, l’offre de grains américains sera très serrée en 2011 par rapport à la demande qui ne semble cesser de croître.

Rappelons que les États-Unis sont les principaux producteurs et exportateurs de maïs et de soya dans le monde. Or, le 9 novembre dernier, le USDA a révélé que les États-Unis devraient connaître un niveau d’inventaires de maïs de fin d’année pour 2010-11 très serré à 21,01 millions de tonnes (les plus faibles depuis 1995-96) et un niveau d’inventaires de soya de fin d’année pour 2010-11 relativement faible à 5,03 millions de tonnes.

Considérant ces niveaux d’inventaires serrés de grains aux États-Unis et, l’Argentine et le Brésil étant reconnus comme étant les plus importants producteurs et exportateurs de maïs et soya dans le monde après les États-Unis, c’est donc sans surprise que plus que jamais, les marchés ont les yeux rivés sur les conditions des cultures en Amérique du Sud.

Sachant également que la production mondiale de blé a été cette année fortement atteinte par une sécheresse importante en Russie et dans certaines régions de l’Ukraine au cours de l’été dernier, le fait que la récolte de blé en Australie soit en difficulté présentement et que la production de blé aux États-Unis pourrait aussi être amputée de quelques centaines, voir millions, de tonnes de blé cette année ne fait qu’accentuer le regain d’intérêt des marchés pour les grains.

Pour cette semaine, en principe, le marché des grains devrait être relativement calme comme le veut en temps normal l’approche du temps des Fêtes. Par contre, en raison des différentes situations météorologiques problématiques en Amérique du Sud, aux États-Unis et en Australie, ainsi que la précarité de la disponibilité de grains prévue pour 2011, tout indique que ceux-ci pourraient profiter d’un retour à la hausse plus hâtif que ce que prévoyaient la plupart des analystes, soit le début de 2011.

La progression de la valeur du dollar américain, le contexte général des marchés financiers ainsi que le progrès des exportations et ventes à l’exportation de grains américains pourraient cependant freiner quelque peu la relance des prix des grains et demeurent à surveiller.

Plus d’information sur www.grainwiz.com

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