Le Canada renforce sa réglementation sanitaire

Toronto (Canada), 5 septembre 2001 – Le Canada renforcera sa réglementation afin d’empêcher que des produits pharmaceutiques puissent se retrouver dans l’eau potable, ont indiqué mercredi des responsables après avoir annoncé la présence d’antibiotiques et d’anovulants dans les eaux usées de plusieurs municipalités canadiennes.

« Lorsque les (compagnies) fabriquent de nouveaux médicaments, elles doivent savoir que ces résidus se retrouveront dans l’environnement et que nous allons les interroger à propos de la sécurité de ces résidus », a dit John Carey, directeur exécutif de l’Institut national de recherche sur les eaux, situé à Burlington, en Ontario.

Carey a dit que son laboratoire avait décelé 30 à 50 sortes de produits pharmaceutiques « dans des concentrations très faibles » dans les eaux usées, qui pourraient éventuellement affecter les ressources d’eau potable.

Le gouvernement a précisé que dès le 13 septembre, les compagnies voulant mettre sur le marché de nouveaux médicaments ou additifs devront d’abord les soumettre à un examen pour déterminer leurs effets sur l’environnement.

Carey, qui travaille pour le ministère de l’Environnement, a ajouté que ces mesures préventives visent tous les produits chimiques utilisés dans les médicaments, les produits cosmétiques tels que les déodorants et les shampooings, mais aussi dans les produits agricoles.

« Beaucoup de vieux médicaments se retrouvent dans les toilettes, mais aussi nous utilisons huit fois plus d’antibiotiques en agriculture que pour la consommation humaine, et ils peuvent s’écouler des champs jusque dans les sources d’eau souterraines », a-t-il dit.

Une responsable de Santé Canada a dit que l’eau testée par Environnement Canada pouvait être utilisée pour la consommation après avoir été traitée, et elle a avoué que le gouvernement manquait de données pour évaluer l’impact potentiel sur la santé du public si ces substances étaient consommées.

« Nous ne savons pas dans quelle mesure ces produits demeurent après le traitement de l’eau. Nous ne savons pas à quel point la population peut être affectée, mais il y a un risque potentiel », a dit Elizabeth Nielsen, responsable de la coordination du nouveau programme d’évaluation.

« Avec la création de ces mesures d’évaluation environnementales, nous espérons prévenir tout problème », a-t-elle ajouté.

Le Canada utilisera les meilleures données disponibles — notamment des recherches menées en Allemagne et aux États-Unis — afin de mettre sur pied sa nouvelle réglementation d’ici 2003, a-t-elle dit.

Source : Reuters

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Environnement Canada

http://www.ec.gc.ca/

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