Le cap des 4 millions de chômeurs franchi en Allemagne

Nuremberg (Allemagne), février 2002 – Le nombre de chômeurs est repassé au-dessus du seuil des quatre millions en Allemagne, un camouflet pour le chancelier Gerhard Schroeder qui a fait de l’emploi la grande priorité de son mandat et affronte des élections difficiles en septembre.

Avec 4,29 millions de demandeurs d’emplois comptabilisés fin janvier, le chômage est au plus haut depuis treize mois, selon les statistiques publiées mercredi par l’Office fédéral du Travail.

Comparé à décembre, le nombre de chômeurs a bondi de 326 400 et affecte désormais 10,4% de population active en janvier, contre 9,6% le mois précédent. Il s’agit de chiffres bruts, ceux qu’utilisent les responsables politiques pour se rejeter la responsabilité du chômage.

Le tableau n’est guère plus réjouissant en données corrigées des variations saisonnières (CVS), davantage suivies par les marchés financiers: une progression de 31 000 personnes pour un total de 3,978 millions de chômeurs en janvier, soit 9,6% de la population active.

Bien que sous la barre des quatre millions, il s’agit du chiffre le plus élevé depuis deux ans. Pour le président de l’Office du Travail, Bernhard Jagoda, le marché du travail a pris un coup de froid: le pic de janvier est la conséquence, à 90%, du mauvais temps, a-t-il affirmé. La neige et le froid conduisent les entreprises à supprimer des emplois en particulier dans le bâtiment et le secteur agricole.

L’autre explication, les 10% restants, réside, selon lui, dans la faiblesse de l’économie allemande, techniquement en récession.

En tout cas, l’année commence mal pour le chancelier qui promettait, l’an dernier encore, de réduire le nombre de chômeurs à 3,5 millions d’ici aux élections législatives de septembre prochain.

Surtout, l’Allemagne compte aujourd’hui plus de chômeurs que lors de l’arrivée de M. Schroeder au pouvoir. En septembre 1998, le nombre de sans-emploi s’établissait à 3,96 millions.

L’opposition conservatrice ne cesse de le lui rappeler. « Les chiffres du chômage publiés aujourd’hui montrent que la politique de l’emploi (de la coalition gouvernementale sociale-démocrate/écologiste) est une catastrophe”, a critiqué un dirigeant du parti chrétien-démocrate (CDU).

Le porte-drapeau de l’opposition aux législatives, Edmund Stoiber, à la tête du riche Etat régional de Bavière (sud), ne se privera sans doute pas d’exploiter ces chiffres pour faire campagne contre M. Schroeder.

Et les perspectives sur le marché de l’emploi ne devraient pas lui faciliter la tâche. Une amélioration n’est pas prévue avant l’été, selon la plupart des économistes.

« Les tests économétriques ont montré qu’avec une croissance inférieure à 1,8% en rythme annuel l’économie allemande ne crée pas d’emplois », observe Alexandre Bourgeois, analyste à Natexis Banque Populaires. Or le gouvernement ne table que sur 0,75% de croissance cette année.

Source : AFP

Commentaires