Le Comité sur l’étiquetage volontaire est dans l’impasse

Ottawa (Ontario), 13 mars 2003 – Des groupes écologistes et des associations de consommateurs ont appris cette semaine que le Comité sur l’étiquetage volontaire des aliments génétiquement modifiés, mis en place par l’Office des normes générales du Canada (ONGC), n’était pas parvenu à s’entendre, et cela, après trois ans de délibérations pour fixer des règles pour l’étiquetage volontaire des OGM. Dans une lettre adressée aux membres du comité le28 février dernier, la présidente, Doryne Peace, affirmait : « Je crois quenotre devoir consiste à décider de façon réaliste si des progrès ont étéaccomplis ou s’il est préférable que le comité, en toute conscience, proclamel’inexistence de consensus et se dissolve. »

Selon Pat Venditti, responsable de campagne pour Greenpeace, le comité atravaillé sur « une norme bidon concoctée par l’industrie pour l’industrie et,malgré cela ils ne sont pas parvenus à un accord. L’échec de ce processusdémontre amplement qu’on ne saurait faire confiance à l’industrie alimentairecanadienne quand elle dit vouloir procéder à l’étiquetage volontaire desaliments issus du génie génétique. » Greenpeace fait partie des nombreuxgroupes qui, aujourd’hui, ont fait parvenir une lettre au premier ministreJean Chrétien exigeant du gouvernement qu’il laisse tomber la tentatived’élaboration de norme de l’ONGC et qu’il instaure l’étiquetage obligatoiredes aliments GM.

« Option consommateurs croit qu’il est temps que le gouvernement fédéralmette en place une réglementation obligatoire pour l’étiquetage des alimentsqui sont issus ou non du génie génétique », mentionne Marie–France Huotd’Option consommateurs. « La norme volontaire ne répond pas aux exigences desconsommateurs canadiens qui désirent avoir un étiquetage rigoureux leurpermettant de faire un choix éclairé ».

Lucy Sharratt, de l’Institut Polaris, précise que : « près d’undemi–million de dollars qui ont été investis dans ce projet coûteux etinutile, qui dès le début était condamné à l’échec. L’industrie de labiotechnologie a délibérément cherché à enliser l’élaboration d’une normed’étiquetage dans le but de se donner assez de temps pour convaincre le publiccanadien d’accepter les aliments issus du génie génétique ». C’est le17 septembre 1999, qu’on a annoncé la tenue du processus conjointd’élaboration de norme par le gouvernement et l’industrie. Le processus devaitdurer 18 mois.

Les sondages indiquent que près de 95 % des Canadiens souhaitentl’étiquetage obligatoire.des OGM. Trente–six pays, incluant 5 pays du G–8,l’ont mis en place. Le 15 mars marquera le vingtième anniversaire del’instauration de la Journée mondiale des droits des consommateurs, organiséepar le groupe–conseil Consumers International. On invite les consommateurs dumonde entier à réagir contre les aliments génétiquement modifiés.

« Aucun des aliments génétiquement modifiés n’a fait l’objet de tests àlong terme », note Bradford Duplisea, de la Coalition canadienne pour la santé.« La réalité est que personne ne sait si les OGM sont sans risque pour lasanté. Les personnes qui ne veulent pas en manger devraient être en mesure des’en abstenir, mais sans étiquetage obligatoire elles ne le peuvent pas ».

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

Office des normes générales du Canada (ONGC)
http://www.pwgsc.gc.ca/cgsb/

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