Le fédéral ne fait pas ses devoirs pour protéger le Saint-Laurent

Ottawa (Ontario), 2 octobre 2001 – Le gouvernement fédéral ne prend pas suffisamment de mesures pour protéger l’environnement dans le bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent, prévient la commissaire à l’environnement et au développement durable, Mme Johanne Gélinas, dans son rapport annuel déposé aujourd’hui à la Chambre des communes.

« Je suis alarmée par l’absence de progrès et la perte de dynamisme pour contrer les pressions considérables qui s’exercent sur le bassin, a déclaré Mme Gélinas. L’état du bassin a des répercussions sur la qualité de l’air et de l’eau potable, la santé, l’emploi et les loisirs. Et pourtant le gouvernement fédéral ne parvient pas à se mettre au diapason. »

Seize millions de Canadiens vivent dans le bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent, qui comprend les cours d’eau tributaires des lacs et du fleuve et les terres avoisinantes en Ontario et au Québec. Les Grands Lacs constituent le plus grand réseau d’eau douce de surface de la Terre avec près de 18 p. 100 des réserves d’eau douce de la planète. Le bassin subit un stress énorme et croissant attribuable à l’augmentation de la population, à l’urbanisation et aux activités industrielles, agricoles et récréatives. Dans son rapport, la commissaire examine des questions environnementales telles que la pollution industrielle et municipale, les sédiments contaminés, l’eau potable, la perte d’habitats, la gestion des pêches, les espèces aquatiques envahissantes, l’érosion du sol, la gestion des fumiers, les terres humides, les espèces à risque et les programmes fédéraux touchant l’écosystème, entre autres.

Au cours des 30 dernières années, la qualité de l’eau des lacs et du fleuve s’est améliorée, et la commissaire en attribue le mérite au gouvernement fédéral et à de nombreuses autres organisations. Toutefois, elle les met en garde contre la perte de dynamisme des dernières années et la fragilité des améliorations. Elle reproche au gouvernement de ne pas avoir satisfait aux exigences législatives ni rempli ses engagements à l’échelle internationale. Elle lui reproche également d’avoir : octroyé des fonds nettement insuffisants pour s’acquitter de ses engagements, mis en place des stratégies inadéquates, mal défini les rôles, omis d’élaborer des plans d’action pour faire obstacle aux principales menaces environnementales, établi des systèmes peu performants de recherche scientifique et de surveillance, fait une utilisation limi tée de ses pouvoirs et communiqué une information incomplète au Parlement et au public canadien. Bon nombre des constatations du rapport ont des répercussions à l’échelle du pays.

Selon la commissaire, les pressions qui s’exercent sur l’environnement iront en s’accroissant et on peut s’attendre à de graves conséquences pour l’économie, l’environnement et la santé si on ne comble pas maintenant les lacunes observées en ce qui touche le financement et la mise en oeuvre de la politique.

« Les progrès accomplis à ce jour sont menacés. Le leadership, l’innovation, l’activité scientifique et la diligence, qui ont eu une incidence favorable sur le bassin dans le passé, marquent un recul, a déclaré Mme Gélinas. Le bassin est un héritage qui vaut la peine d’être préservé et pourtant, nous constatons un sentiment de complaisance et non d’urgence, de la résignation et non de l’inspiration. »

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Bureau du vérificateur général du Canada

http://www.oag-bvg.gc.ca

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