Le gel des dépenses à l’ACIA menace la sécurité alimentaire

Ottawa (Ontario), 12 décembre 2008 – Le gel de l’embauche et des dépenses à l’Agence canadienne d’inspection des aliments rend encore plus menaçante une situation déjà dangereuse en matière d’inspection et de sécurité des aliments, selon le Syndicat Agriculture de l’Alliance de la fonction publique du Canada qui représente les inspecteurs des aliments.

Le syndicat a rendu public un mémo interne récent de la haute directionde l’ACIA qui déclare que l’Agence « reportera, diminuera ou annulera touteactivité non essentielle de dotation en personnel, de formation, departicipation à des conférences, d’invitation, de recours à des servicesprofessionnels, de voyage ou de temps supplémentaire », entre autres mesures.

« L’Agence n’a embauché aucun inspecteur supplémentaire depuis avant lacrise de la listériose. Le gouvernement a failli à sa promesse de mener uneenquête sur les causes de la mort par empoisonnement de 20 Canadiens.Maintenant le gel de l’embauche, du temps supplémentaire et de la formationvont perpétuer les lacunes qui permettent à des aliments impropres à laconsommation d’atteindre la table des Canadiens, pour au moins la durée dugel », dit Bob Kingston, le président du Syndicat Agriculture.

A cause de la pénurie d’inspecteurs, les usines de conditionnementalimentaire partout au pays continuent de manquer de personnel. Il n’y a paseu d’ajustement dans la dotation de personnel nulle part au pays, sauf àl’usine de Maple Leaf de Toronto où s’est produit la contamination, et quin’est pas revenue à son fonctionnement normal. Tant que durera le gel del’embauche, il sera impossible d’ajuster les dotations en personnel à desniveaux qui assureraient un niveau convenable d’inspection des aliments.

« L’ACIA est déjà à court d’argent pour payer son personnel, elle est enmanque de personnel et l’on ne remplit pas les positions vacantes. Lasituation est tellement contraignante que l’agence ne peut pas assurer uneinspection acceptable ni satisfaire à ses obligations contractuelles enmatière de congés rémunérés, de congés de maladie ou de formation », ditKingston.

Le gel des activités de formation signifie que les inspecteurs desaliments ne recevront pas une formation complète à l’égard du nouveau Systèmede vérification de la conformité (SVC).

« Le SVC est un nouveau protocole qui confère des pouvoirsd’auto-réglementation à l’industrie et a donné l’arrogance à certainescompagnies d’interdire aux inspecteurs d’accomplir leur travail chez elles. Ledéficit de formation des inspecteurs à l’égard du SVC ne fera qu’amplifier cesproblèmes, parmi d’autres », dit Kingston.

« L’ACIA a de grands projets pour améliorer notre système de sécurité desaliments, mais sans nouvelles ressources pour faire fonctionner le système,ces plans vont mourir au feuilleton. Ce développement n’est tout simplementpas viable sans un nouveau financement pour le soutenir », continue Kingston.

Le Syndicat Agriculture de l’AFPC représente les inspecteurs fédéraux desaliments, et son président Bob Kingston est un superviseur de l’inspection encongé de l’ACIA. Avant de partir en congé pour remplir ses fonctions de chefsyndical élu, Kingston a travaillé pendant 25 ans comme inspecteur pour l’ACIAet pour Agriculture Canada, dont 15 ans comme superviseur multisectoriel, unposte d’inspecteur de niveau supérieur.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA)
http://www.cfia-acia.agr.ca/

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