Le génome du blé décodé

Une équipe de chercheurs des États-Unis, de Grande-Bretagne et d’Allemagne vient de compléter l’analyse du génome du blé.

Décoder le génome du blé a été une aventure plutôt ardue. Cette céréale est cultivée et croisée pour améliorer sa génétique depuis environ 8000 ans. Dans son ADN, on retrouve une abondance de fragments de gènes de variétés ancestrales. De plus, parmi les quelque 96 000 gènes identifiés, il est difficile de déterminer lesquels sont uniques et lesquels sont des répétitions.

L’ADN du blé utilisé pour la fabrication de farine et de pain (Triticum aestivum) contient 17 milliards de nucléotides. C’est cinq fois plus que l’ADN de l’humain.

Déjà, on a identifié des gènes qui pourraient être responsables de la défense contre les maladies, du contenu nutritionnel, du captage d’énergie, du métabolisme et de la croissance.

Les chercheurs ont assemblé un catalogue de 132 000 marqueurs génétiques, qui sont autant de positions sur le génome qu’on pourra éventuellement associer à une des caractéristiques de la plante. Cela facilitera l’amélioration génétique du blé, dont les rendements ont atteint un plateau il y a une vingtaine d’années.

Le décodage de l’ADN du blé pourrait servir au développement de blé OGM. Par contre, il est plus probable que les sélectionneurs s’en servent surtout pour accélérer les programmes de sélection génétique traditionnels.

Dès qu’un croisement est effectué et que la plante se met à pousser, on peut en prélever un tissu pour en séquencer l’ADN et voir si les traits souhaités ont été hérités par ce croisement. Cela permet d’éliminer rapidement les croisements qui auraient eu peu de chances d’être retenus au terme d’un processus de sélection traditionnel de plusieurs années.

Le blé est l’une des trois céréales les plus cultivées et consommées au monde, avec le maïs et le riz. On estime que 35 % des 7 milliards d’habitants de la Terre dépendent du blé dans leur alimentation.

 

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