Le ministre Pettigrew défend la gestion de l’offre devant l’UPA

Longueuil (Québec), 23 novembre 2000 – Devant les représentants des 37 fédérations et syndicats affiliés à l’Union des producteurs agricoles (UPA) réunis en conseil général, le ministre du Commerce international, monsieur Pierre Pettigrew, s’est engagé à protéger le système de gestion de l’offre en agriculture. « Contrairement aux subventions directes à l’exportation auxquelles je m’oppose fermement, a déclaré monsieur Pettigrew, la gestion de l’offre ne crée pas de distorsions sur les marchés internationaux et nous permet d’offrir le panier d’épicerie le moins cher des pays de l’OCDE. »

Interrogé par des producteurs inquiets de l’ouverture croissante du marché canadien aux produits étrangers, le ministre a été clair, confirmant la position de l’UPA : « Le Canada a été le seul à respecter ses engagements. Je crois que nous n’avons pas d’efforts supplémentaires à faire en agriculture; que les autres nous rattrapent maintenant. » Selon monsieur Pettigrew, le Canada, ayant pris une certaine distance par rapport au Groupe de Cairns, serait désormais en mesure de défendre une position plus libre en matière de commerce international.

Le ministre Pettigrew s’est par ailleurs montré sensible aux problèmes vécus par les agriculteurs, confrontés à l’insuffisance et à la lourdeur administrative des programmes d’aide, notamment le programme d’aide en cas de catastrophe (ACRA). Ainsi les producteurs de mais-grain, aux prises avec leur pire récolte depuis 30 ans, ne peuvent-ils espérer, selon les règles actuelles de l’ACRA, que quelques millions de dollars de compensation alors qu’ils sont en manque de 80 millions de dollars. Le ministre a assuré leur représentant qu’il s’engageait à intervenir, au sein d’un éventuel gouvernement libéral, en faveur d’une intervention rapide et d’un assouplissement des procédures, de sorte que l’aide nécessaire à la survie de leurs entreprises leur soit octroyée.

Mis au fait des entraves imposées au développement des productions agricoles par l’inadéquation du programme d’assurance-emploi, le ministre libéral a reconnu les limites du programme canadien. Il devra, selon lui, faire l’objet de modifications afin de tenir compte des caractéristiques propres au secteur agricole, notamment le travail saisonnier, le caractère familial des entreprises et le besoin d’une main-d’oeuvre mieux formée.

Au chapitre des budgets consacrés à la recherche et au développement en vue de favoriser la compétitivité des entreprises, les représentants des producteurs agricoles ont indiqué qu’ils espèrent que l’agriculture soit traitée de façon équitable, en particulier en ce qui a trait aux crédits d’impôt, et qu’elle ait sa juste part des investissements annoncés. Ils ont fait valoir que les programmes devront être orientés de manière à satisfaire les besoins pressants de recherche dans les domaines des nouvelles technologies, de l’agroenvironnement, de la salubrité et de la traçabilité des aliments.

Signalons que cette rencontre avec un représentant du Parti libéral du Canada faisait suite à une autre, tenue la veille, avec le chef du Bloc québécois. A cette occasion, monsieur Gilles Duceppe avait réitéré son engagement d’exiger du gouvernement fédéral une augmentation de son soutien au secteur agricole, à travers notamment un accroissement de l’enveloppe budgétaire allouée à la sécurité de revenu.

« A la lumière de ces discussions avec les représentants des deux partis, qui se disputent la faveur de l’électorat québécois, ainsi que de la publication de documents d’analyse de leurs programmes politiques, la classe agricole est maintenant en mesure de faire un choix éclairé aux élections du 27 novembre », a conclu monsieur Laurent Pellerin, président général de l’UPA. Il a toutefois déploré le silence qui a entouré les préoccupations agricoles durant toute la campagne électorale.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

Commentaires