Le phosphore d’origine agricole est un grand responsable des algues bleues selon l’Union des citoyens du Québec

Kamouraska (Québec), 26 juillet 2007 – Le rappel que vient de faire Greenpeace sur l’importance de s’attaquer aux rejets de phosphore provenant des engrais chimiques et des épandages de lisiers si on veut corriger et prévenir la détérioration des lacs et cours d’eau est tout à fait justifié.

Évidemment, le représentant de l’UPA s’est empressé de dire que plus personne ne prétendait de telles choses aujourd’hui. Marc Simoneau, du ministère de l’Environnement, s’est aussi empressé d’affirmer qu’il n’était pas question que le ministère contrôle davantage le phosphore d’origine agricole.

Et pour cause. En effet, lors de la levée du moratoire sur l’industrie porcine, le ministère de l’environnement a lâchement abandonné la norme phosphore par bassin versant pour s’en tenir à la norme phosphore ferme par ferme, selon des plans de fertilisation établis par des agronomes payés par l’agriculteur et qui ne font l’objet d’aucun contrôle sérieux.

C’est d’ailleurs suite à ce recul que le fameux docteur Gingras, de la Santé publique, avait claqué la porte.

Et pour cause encore une fois. Tout le monde comprend que le phosphore qui se ramasse dans un lac provient de tout son bassin versant. La limite d’une ferme et une bande riveraine de quelques mètres ne sont pas des barrières étanches pour le phosphore sous forme soluble qui s’échappe de sols souvent déstructurés et drainés comme des systèmes d’égout.

Justement, lorsque le ministère appliquait la norme phosphore par bassin versant, les cours d’eau de plus de 600 municipalités dépassaient le seuil d’eutrophisation à leur embouchure Dans une étude faite pour le ministère de l’environnement en 2005, le professeur Gangbazo avait même pu établir que chaque fois que les terres consacrées aux grandes cultures annuelles (maïs, grains, etc.) dépassaient 5% de la superficie totale du bassin versant d’un cours d’eau, ce cours d’eau démontrait des taux de phosphore supérieurs au seuil d’eutrophisation (03 mg/l).

Plus personne n’en parle parce qu’on a éliminé le contrôle pour faire plaisir à l’UPA.

Et maintenant, on est forcé de faire accroire au monde qu’on peut corriger les algues bleues sans toucher à des pratiques agricoles telles que l’utilisation des engrais chimiques et des fumiers liquides.

Des pratiques agricoles, qui comme l’utilisation des pesticides et des OGM, sont des bombes à retardement pour l’environnement et la santé publique. Et une bombe à retardement, ça finit toujours par exploser et faire des morts.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

Union des citoyens du Québec
http://www.citoyensduquebec.com

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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