Le printemps des records

Chaque jour depuis la fin de semaine dernière, le mercure fracasse des records, tellement il fait chaud. Ce printemps sera-t-il aussi celui des records de date de semis?

Si la météo demeure aussi clémente, il a fort à parier qu’au Québec, il n’y aura aucun souci à semer les petites céréales en avril et que les semis de maïs débuteront bien avant le 1er mai.

« La prochaine vague de beau temps va nous rapprocher du début des semis », prévoit Gilbert Brault, agronome au service de Semences Pride. Comme plusieurs, il anticipe un printemps hâtif, avec son lot d’avantages et de risques.

S’il est peu probable – et peu recommandé – de semer du maïs avant le 15 avril, il se pourrait très bien qu’au Québec, les semis démarrent en grande à partir du 20 avril. Ceux qui disposent d’un bon équipement pourraient avoir complété la plus grande part de leurs semis de maïs en avril, entrevoit Gilbert Brault.

« Si on sème tôt, c’est parce que les conditions de sol sont très bonnes. On est moins stressé que quand on est obligé de semer tard, dans des conditions moins bonnes », souligne Gilbert Brault.

Gel et assurances

Aux États-Unis, les producteurs qui désirent assurer leurs récoltes sont contraints d’attendre une date fixe (autour du 6 avril) avant de semer, afin d’être éligible et d’atténuer les risques de dommages attribuables au gel.

Au Québec, la Financière agricole n’impose pas de date fixe avant laquelle on ne peut semer si on veut être éligible à des indemnités. Les producteurs doivent néanmoins évaluer les risques en tenant compte de la moyenne de la date du dernier gel printanier pour leur région.

Ces moyennes se situent entre le 27 avril et le 3 mai pour la région de Montréal et du sud-ouest du Québec. Immédiatement à l’est et au nord de Montréal, les moyennes sont entre le 4 et le 10 mai.

Consultez l’atlas agroclimatique du Québec

Les gels printaniers tardifs font partie des risques réguliers qui sont assurables, explique Rénald Levesque, directeur de l’intégration des programmes à la Financière agricole. Par contre, si vous semez beaucoup plus tôt qu’à l’habitude, en dépit de risques évidents de gel dans votre région, vous pourriez ne pas être éligible à des indemnités en cas d’échec ou de rendements inférieurs.

« Nous allons évaluer les risques que les producteurs auront pris et selon l’importance de ces risques, nous déciderons d’indemniser ou pas », affirme Rénald Levesque.

Les cas de resemis de maïs à cause de gels printaniers sont plutôt rares au Québec, soutient Gilbert Brault. « On en parle beaucoup, mais statistiquement, cela se produit très peu », dit-il. La plupart du temps, quand on doit ressemer un champ, c’est à cause des précipitations abondantes, qui provoquent des accumulations d’eau ou la formation d’une croûte.

Conseils
Si le printemps s’avère sec et que le sol a amplement le temps de s’assécher, cela pourrait en retour priver les semences de l’humidité requise pour germer. Lors de la préparation du sol en travail conventionnel, vaut mieux minimiser les passages et ne pas travailler trop en profondeur, suggère Gilbert Brault. Autrement, le travail mécanique pourrait assécher le sol au point de nuire à la levée s’il n’y a pas de pluie au moment opportun.

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