Le président de l’UPA appelle les gouvernements à sortir de leur torpeur

Québec (Québec), 30 novembre 2004 – « Il est grand temps que nos gouvernements sortent de leur torpeur. L’agriculture est en pleine crise du revenu, combien de fois faudra-t-il le répéter! Des centaines et des centaines de producteurs et de productrices sont rendus au bout du rouleau. C’est pas vrai que ces gens-là vont rester assis les bras croisés, à rien faire. Ils vont se tenir debout et nous allons nous tenir debout avec eux ».

Voilà, en substance, le discours annuel que le président de l’Union desproducteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, a livré aujourd’hui dans lecadre du 80e congrès général de l’UPA, alors que plusieurs centainesd’agriculteurs assiègent l’abattoir Colbex, près de Drummondville, l’empêchantde recevoir de nouveaux approvisionnements en vaches de réforme de l’extérieurparce qu’il refuse de les acheter au prix plancher de 0,42 $ la livre, décrétépar la Fédération des producteurs de bovins du Québec.

« La situation actuelle est insoutenable! Les agriculteurs ont fait toutce qu’il était humainement possible de faire après un an et demi de crise. Cafait des mois que nos gouvernements se font tirer l’oreille pour mettre del’avant des solutions pour parer au pire. Nous voilà maintenant à minuit moinsune et les gouvernements n’ont encore rien fait » a vivement dénoncé leprésident de l’UPA, ajoutant que les ministres Mitchell et Gauthier étaientattendus de pied ferme.

Les répercussions de la crise de l’ESB sont énormes, a insistéM. Pellerin. Vingt-cinq mille entreprises agricoles sont touchées, soit plusde la moitié des fermes québécoises qui doivent composer avec cette situation.Les pertes, à ce jour, s’établissent à 241 millions pour les producteursquébécois. Une vache de réforme qui se vendait de 50 à 60 cents la livre avantl’embargo américain ne se vend plus maintenant qu’entre 15 et 20 cents lalivre.

« Qui s’en fait avec ça, à part les producteurs? a ironisé le président del’UPA. On les a tous rencontrés: députés, ministres, titulaire fédéral del’agriculture, titulaire du MAPAQ, premier ministre, tout le monde! Chacun yva de ses voeux pieux ou de ses engagements. C’est pas pour rien qu’on attendd’eux qu’ils livrent la marchandise! Pendant ce temps-là, les producteursmangent leurs bas. Et ça, c’est en attendant de perdre leur chemise! Il y ades limites! »

Pour M. Pellerin, l’attitude des gouvernements est inexcusable. « Ottawaaccouche, les uns après les autres, de programmes inappropriés qui ne tiennentpas compte des particularités de l’agriculture québécoise, tandis que Québecse fait tirer l’oreille à chaque fois pour emboîter le pas et pour mettreenfin ses culottes, avec le fédéral, pour contrer les effets du quasi monopoledont sont victimes les producteurs de bovins. Ce n’est pas sans raison qu’onen est rendu au siège de l’abattoir Colbex. »

Il n’y a pas que l’ESB, cependant, qui attise la mauvaise humeur desagriculteurs, a également dénoncé le président de l’UPA. Ca fait des moisqu’ils attendent la reconnaissance des guides de bonnes pratiques agricoles,leur permettant, entre autres, l’entreposage temporaire de fumier (« amas auxchamps ») pour les élevages extérieurs. Pire, ça fait des années qu’ilsattendent une réforme de la fiscalité municipale pour les entreprisesagricoles, mais le dossier traîne toujours.

« Les agriculteurs ne sont pas seulement tannés, ils sont à bout depatience. Ils n’en sont plus aux engagements ou aux solutions transitoires.Ils veulent du concret, des résultats tangibles, voir les ministres Gauthieret Mitchell arriver avec des vraies bonnes nouvelles: un prix plancher assortid’une obligation d’acheter québécois dans le bovin, un délestage du fardeaufiscal de leurs entreprises et la reconnaissance des guides de bonnespratiques agricoles. Ca va pas tout régler, mais ça va au moins nous permettrede respirer un peu, » de conclure M. Pellerin.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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