Le Réseau Biocontrôle vise la réduction des pesticides chimiques

Montréal (Québec), 16 mai 2001 – Une équipe pancanadienne de chercheurs vise à remplacer les pesticides chimiques, dangereux pour la santé, par de nouvelles techniques fondées sur les pratiques éprouvées de protection des cultures.

Le maître mot de cette voie de recherche est « biocontrôle », c’est-à-dire l’utilisation d’ennemis biologiques naturels dans la lutte contre les insectes et les maladies qui ravagent nos cultures et nos arbres.

Le nouveau réseau de recherche en biocontrôle (le Réseau Biocontrôle), dont le siège social est situé à l’Université de Montréal (UdeM), a l’appui du gouvernement fédéral sous la forme d’une subvention, récemment annoncée, de 6,6 millions de dollars en cinq ans du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie (CRSNG). La structure du réseau dénote d’ailleurs un important co-leadership entre le secteur public et les universités.

Comme l’explique l’un des deux directeurs scientifiques du réseau, le Dr Raynald Laprade de l’UdeM, les chercheurs se concentrent sur les cultures de serre et les pépinières, mais les leçons que l’on tirera de ces travaux auront des applications plus vastes dans la protection des forêts et des cultures de plein champ. « L’idée est de lutter contre les ravageurs de serres et de pépinières en mobilisant les insectes, bactéries, champignons et virus qui sont leurs prédateurs naturels à l’état sauvage », dit-il. « C’est ainsi que les fermiers se débrouillaient avant l’arrivée des pesticides chimiques. La quarantaine de chercheurs de notre réseau, travaillant dans des universités canadiennes et des laboratoires gouvernementaux, utiliseront ces armes vivantes de façon coordonnée et systématique, afin de permettre aux exploitants de serres et de pépinières d’éliminer les pesticides tout en protégeant leurs récoltes. »

Le réseau rassemble les forces de disciplines scientifiques nombreuses et diverses. Les deux directeurs scientifiques, le Dr Laprade et le Dr Jean-Louis Schwartz, sont des biophysiciens, collaborateurs de longue date, et leurs collègues, des écologistes, bactériologistes, virologues, mycologues, généticiens, biochimistes, botanistes et biologistes cellulaires.

Selon le Dr Schwartz, l’industrie des cultures de serre représente plus de 1,5 milliard de dollars annuellement et est l’une des industries agricoles dont la croissance est la plus rapide au Canada. « A l’heure actuelle, l’industrie doit encore recourir aux pesticides et fongicides chimiques afin de maintenir une qualité supérieure, mais la résistance des consommateurs à ces pratiques croît de jour en jour. » Quant aux pépinières, dit le Dr Schwartz, « elles sont à la base des programmes de reboisement (on a planté quelques 700 millions d’arbres de semis l’an dernier) et dépendent fortement des fongicides et des fumigants à large spectre pour la lutte contre les maladies ». Il ajoute qu’en raison de leur toxicité l’utilisation de ces produits chimiques est de plus en plus frappée d’interdiction.

Les découvertes réalisées dans ces systèmes abrités, plus faciles à gérer, seront des guides précieux quand on voudra appliquer les nouvelles méthodes aux cultures de plein champ, à la foresterie et à l’environnement en général. Et le Dr Laprade de renchérir : « Ce que nous apprendrons sous le verre et le plastique nous préparera à relever ce prochain défi, beaucoup plus vaste ».

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG)

http://www.nserc.ca/

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