Le secteur de la consommation au repos en 2002

Chicago (États-Unis), 27 décembre 2001 – Les valeurs du secteur de la consommation, refuge traditionnel lorsque l’économie bat de l’aile, pourraient piétiner en 2002, puisque les investisseurs ont déjà fait le plein depuis six mois, estiment les analystes boursiers.

« Il y a eu un fort mouvement vers ces titres pour des raisons défensives et nous pensons que les valorisations ont atteint un juste niveau », dit Dave Kolpak, directeur général de Victory Capital Management.

Les fabricants de savon, tabac, boissons gazeuses et autres produits de consommation sont considérés comme des valeurs défensives parce que les gens ne se lavent pas moins, ne mangent pas moins ou ne fument pas moins lorsque l’économie va mal.

Le secteur de la consommation a bénéficié d’un afflux de capitaux en provenance d’autres secteurs auparavant prisés, comme celui de la technologie, mais le mouvement pourrait s’inverser si l’économie s’améliore.

Et même si les fabricants de produits de consommation pouvaient accroître leurs profits l’an prochain grâce à une baisse de prix des matières premières, la valeur de leur titre pourrait stagner.

« Peut-être que les fondamentaux vont s’améliorer quelque peu, mais il se peut toujours que l’argent reflue vers d’autres secteurs », observe Simon Burton, analyste pour Banc of America Capital Management.

Fortunes mitigées pour l’alimentaire

Les titres du secteur alimentaire pourraient également pâtir si l’économie s’améliore. Mais de grands noms comme Kraft Foods Inc. et General Mills Inc. continueront d’avoir la cote, leurs profits devant profiter des économies liées à de récentes acquisitions.

« Je crois que General Mills et Kraft sont les meilleurs pour mettre en oeuvre leurs plans d’affaires. Ils ont de solides marques », note John McMillin, analyste pour Prudential Securities.

Kraft, qui est entré en Bourse en juin, a acheté le fabricant de biscuits Nabisco en décembre dernier, tandis que General Mills a acheté le fabricant de produits de boulangerie Pillsbury en octobre, auparavant dans le giron du Britannique Diageo.

Le géant agro-alimentaire Archer Daniels Midland Co. devrait profiter d’une tendance positive dans ses activités de raffinage du soya et du maïs étant donné les récentes réductions de capacité.

« Tout le secteur du soya est en train de rebondir. L’Europe cherche de nouvelles façons de nourrir les animaux », fait valoir Leonard Teitelbaum, analyste pour Merrill Lynch, en soulignant que les récentes épizooties incitaient à l’utilisation de farines non-animales.

Wall Street demeure par contre prudent à l’endroit des sociétés alimentaires engagées dans de vastes restructuration, comme Campbell Soup Co., ou celles fort exposées aux marchés internationaux, comme Kellogg Co et Sara Lee Corp. .

Boisson et tabac

Le secteur du tabac s’est fortement redressé depuis deux ans, non seulement en raison du mouvement cyclique vers le secteur de la consommation, mais aussi grâce à l’entrée en vigueur d’un accord cadre qui a réduit l’incertitude entourant les poursuites et les lois antitabac.

L’arrivée de l’administration républicaine de George W. Bush et ses tentatives de régler une poursuite fédérale contre les cigarettiers a aussi profité au secteur.

« La confiance des investisseurs envers ce secteur s’est améliorée grâce aux moins forts risques liés aux poursuites et à la solidité continue du contexte d’affaires », estime Rob Campagnino, analyste pour Prudential Securities.

Dans le secteur des boissons, l’état de l’économie et une possible consolidation baliseront le sentiment du marché.

« Il faudra continuer de surveiller l’économie mondiale et son impact sur Coke », affirme John Faucher, analyste pour JP Morgan.

Une embellie de l’économie mondiale aiderait les ventes de Coke, tout comme une remontée des devises étrangères, puisque les ventes du groupe sont converties en dollars américains dans ses résultats financiers consolidés.

Selon Faucher, les deux meilleurs titres du secteur sont PepsiCo Inc. et Anheuser-Busch Cos Inc.

Produits ménagers

Plusieurs fabricants de produits ménagers ont entrepris depuis un certain temps une restructuration de leurs activités afin de stimuler leur ventes, réduire leurs coûts de fabrication et réparer des erreurs stratégiques.

Le chef de file de l’industrie, Procter & Gamble Co.,. a affiché récemment son premier regain des ventes depuis un an, ce qui devrait se traduire par des profits meilleurs qu’anticipés.

Plusieurs analystes et investisseurs y ont vu le signe que le fabricant de la pâte à dent Crest et du détergent Tide était parvenu à un point tournant dans ses efforts pour raviver les ventes de ses grandes marques.

Clorox Co., qui fabrique entre autres les sacs en plastique Glad et les filtres à eau Brita et dont la restructuration est moins avancée que celle de Proctor & Gamble, a révisé à la hausse ses prévisions financières pour 2002, citant des ventes plus fortes dans plusieurs secteurs.

Et selon Dave Kolpak, le fabricant de mouchoirs et de papier de toilette Kimberly-Clark Corp. représente une bonne occasion d’investissement. La société devrait notamment profiter en 2002 des retombées d’une hausse de ses dépenses publicitaires, et son titre a moins bien fait que le reste du secteur, cédant 15% en 2001.

Source : Reuters

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