Le sorgho-soudan, décompacteur par excellence

PHOTO : François Cardin

Problème de compaction en profondeur? Faible infiltration de l’eau? Sol épuisé, faible en biomasse? Une plante à la rescousse : l’hybride sorgho-soudan!

Aussi appelée sorgho-herbe du Soudan, cette plante risque de faire beaucoup parler d’elle au cours des prochaines années. Au Québec, des clubs agroenvironnementaux la mettent à l’essai pour réhabiliter des parcelles où le sol semble conserver une mauvaise structure malgré de bonnes pratiques pour prévenir et réparer la compaction. On peut aussi s’en servir comme plante fourragère, pour l’alimentation animale.

À Dundee, près d’Huntington, le producteur Bruno Castagnier a implanté du sorgho-soudan avec de la vesce et du sarrasin sur un hectare d’une terre qui s’assèche avec beaucoup de variabilité au printemps. Il comparera cette parcelle avec deux autres de la même superficie, sur lesquelles il applique d’autres moyens pour améliorer la structure du sol.

Lors d’une tournée de parcelles d’engrais verts organisée la semaine dernière par les clubs agroenvironnementaux du Bassin de la rivière Laguerre et du Suroît, on a pu constater l’incroyable travail des racines du sorgho-soudan. « Les racines aèrent le sol et la structure en surface est devenue granulaire », a démontré Bruno Castagnier.

L’ingénieur et agronome du MAPAQ Georges Lamarre avait réalisé des tests d’infiltrométrie plus tôt en saison, qui révélaient une infiltration acceptable en surface, mais pratiquement inexistante en profondeur. Rendu en septembre, le taux d’infiltration en surface avait doublé. En profondeur, l’infiltration était complètement réhabilitée, atteignant un taux presque aussi élevé qu’en surface.

Tout un système racinaire! Remarquez le vers de terre en haut à gauche. PHOTO : André Dumont

Le sorgo-soudan s’avère plus efficace qu’un sous-solage mécanique! Le secret : lorsqu’il arrive à 1,2 m (4 pieds) de hauteur, on le fauche à 12 cm (4 à 6 pouces) du sol. Cela a pour effet de le faire taller (jusqu’à six nouvelles tiges), de quintupler sa masse racinaire et de doubler la profondeur de ses racines, jusqu’à 40 cm. Résultat : un drainage de surface grandement amélioré.

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