Le travail réduit du sol gagne en popularité au Canada

Winnipeg (Manitoba), 27 février 2002 – Le travail réduit du sol, cette pratique
culturale qui consiste à limiter le plus possible la perturbation
du sol et à laisser les résidus de culture dans le champ, gagne du
terrain au Canada.

Une récente étude de la firme Ipsos-Reid montre que le nombre de producteurs ayant adopté un système de travail réduit du sol a
plus que doublé au cours des cinq dernières années. Les

superficies cultivées avec un tel système sont ainsi passées de
4,8 millions d’hectares en 1997 à plus de 9,7 millions d’hectares
en 2001, de sorte que les superficies où l’on pratique le travail
réduit comptent maintenant pour 39 pour cent des terres cultivées
au Canada.

Les agriculteurs qui ont adopté le travail réduit du sol ont ainsi
profité d’avantages économiques tout en exerçant une influence
positive sur l’environnement et sur les réserves alimentaires.

Qu’est-ce que le travail réduit? Pourquoi est-ce important?

Depuis que les agriculteurs cultivent le sol, ils ont toujours
labouré ou retourné leurs champs, souvent jusqu’à trois fois par
année, pour préparer le lit de semence ou pour éliminer les
mauvaises herbes. Toutefois, au cours des dernières années, le
secteur agricole a vu apparaître de nouvelles technologies qui

font en sorte que le labour n’est plus toujours requis. De
nombreux producteurs ont adopté des pratiques de travail réduit,
aussi appelées pratiques de conservation du sol, qui vont de la
réduction du nombre de passages aux champs pour travailler le sol
à l’élimination complète du labour : c’est ce qu’on appelle le
semis direct.

L’un des principaux avantages du travail réduit est qu’il laisse
les résidus de culture, ou chaumes, sur le sol. Ces résidus font
obstacle au vent et à l’eau, et contribuent ainsi à prévenir
l’érosion du sol et à préserver la précieuse couche de sol arable.

Par ailleurs, les agriculteurs qui adoptent un système de travail
réduit utilisent moins de carburant et contribuent donc à
l’utilisation rationnelle des ressources non renouvelables. Les
champs moins travaillés contiennent en outre de grandes quantités

de matières organiques qui attirent et emprisonnent le gaz
carbonique de l’atmosphère, et aident ainsi à limiter l’effet de
serre qui, de l’avis de nombreux scientifiques, contribue au
réchauffement global de la planète.

Le travail réduit du sol aide aussi à retenir l’eau dans le sol,
un avantage important lors de périodes de sécheresse comme en ont
connu plusieurs régions du Canada l’été dernier, et dans les
régions du monde régulièrement touchées par ce phénomène. Les
résidus laissés dans le champ finissent par se décomposer et
participent au processus de filtration qui retient l’eau. Le
déplacement réduit de l’eau dans le sol aide aussi à protéger les
réserves d’eau en faisant en sorte que les éléments nutritifs
destinés à fertiliser les cultures demeurent dans le sol, et que
la terre elle-même reste dans le champ plutôt que d’être entraînée
dans les réserves d’eau.

Lorsqu’ils réduisent le travail du sol, les producteurs abaissent
aussi leurs coûts de production, ce qui constitue un important
facteur dans la production d’aliments à coût abordable.

Qu’en retire le producteur agricole?

Les producteurs qui réduisent les travaux aux champs utilisent
moins de carburant et réalisent ainsi des économies considérables.
Ils épargnent également sur les coûts de main-d’ouvre et réduisent
l’usure de l’équipement, ce qui se traduit par une baisse des
frais d’entretien et par une prolongation de la durée de vie de la
machinerie. Finalement, le travail réduit du sol aide les
producteurs à préserver les terres dont ils tirent leur
subsistance.

Fiche technique

Qu’est-ce que le travail réduit?

Traditionnellement, les agriculteurs labouraient ou préparaient
leurs champs à l’automne, en prévision des semis printaniers – une
pratique sur laquelle plusieurs générations de Canadiens ont
compté pour incorporer au sol les résidus de la culture
précédente. Le labourage réchauffe aussi le sol, ce qui favorise
la germination en début de saison.

Toutefois, les progrès des dernières années dans la technologie
agricole permettent maintenant aux producteurs de profiter des
mêmes avantages sans labour, grace à une pratique baptisée travail
réduit. En effet, de nouveaux types d’équipement de semis
permettent de semer à travers les résidus de culture laissés sur
le sol, alors que les semenciers ont profité de percées
technologiques pour sélectionner des semences plus robustes et
plus tolérantes au froid qui conviennent aux conditions de
croissance fraîches du printemps.

Le travail réduit du sol signifie que les résidus de culture ne
sont pas incorporés au sol, mais plutôt laissés à la surface du
sol pour le protéger; et par la suite, leur décomposition améliore
la santé du sol.

Quels sont les avantages des systèmes de travail réduit du sol?

  • Le travail réduit aide le sol à mieux conserver son humidité, ce
    qui permet aux plantes d’utiliser l’eau plus efficacement et de
    résister aux périodes de sécheresse.

  • Le travail réduit du sol aide à prévenir l’érosion parce que les
    chaumes laissées dans le champ après la récolte contribuent à
    retenir le sol et à empêcher son érosion par l’action du vent ou
    de l’eau.

  • La réduction de l’érosion du sol et du lessivage signifie que
    les éléments nutritifs restent dans le champ et demeurent
    disponibles pour les plantes.

  • Le travail réduit du sol contribue à réduire les niveaux de gaz
    carbonique dans l’atmosphère en créant des propriétés de sol qui
    emprisonnent et emmagasinent ce gaz. Ce phénomène aide donc à
    réduire la quantité de gaz carbonique dans l’atmosphère et à
    limiter l’effet de serre qui, selon de nombreux scientifiques,
    contribue au réchauffement climatique.

  • En limitant le nombre de passages au champ pour le travail du
    sol, les producteurs réduisent leur consommation de combustibles
    fossiles, contribuant ainsi à une utilisation plus rationelle des
    ressources non renouvelables.

  • Les agriculteurs qui adoptent un système de travail réduit
    réalisent d’importantes économies en fait de carburant, de travail
    et de coûts de machinerie, lesquelles contribuent au coût
    abordable des aliments dont nous profitons dans ce pays.

    Fiche technique

    Travail réduit du sol et agriculture durable

    On s’attend à ce que la population mondiale, des six milliards
    d’individus qu’elle compte présentement, atteigne 8,5 milliards en
    2025, le gros de l’augmentation se situant dans les pays en
    développement. La superficie des terres agricoles en production
    devrait cependant demeurer à un pour cent environ de la masse
    continentale terrestre. Les systèmes de travail réduit du sol
    peuvent jouer un rôle significatif en aidant les agriculteurs à
    produire les denrées requises pour nourrir cette population
    croissante de façon plus efficace, tout en préservant la
    productivité des terres agricoles pour les générations futures.

    Comment le travail réduit contribue-t-il à l’agriculture durable?

  • L’un des avantages les plus importants des systèmes de travail
    réduit est sa capacité à conserver la couche arable du sol; dans
    plusieurs régions du monde, il ne reste plus que quelque 15
    centimètres ou moins de sol arable fertile. Dans les zones
    extrêmement sujettes à l’érosion, la réduction du travail du sol
    peut diminuer le taux d’érosion de 90 pour cent.

  • La réduction du travail du sol aide aussi à améliorer la santé
    du sol. Avec le temps, un sol moins travaillé devient plus
    fertile. Le taux de matière organique s’élève à cause de la
    décomposition des tiges et des chaumes, et la structure du sol
    s’améliore parce qu’elle n’est pas périodiquement brisée par le
    labour, un processus qui détruit les macropores créés par les vers
    de terre et les systèmes radiculaires. Si on les laisse intacts,
    ces macropores permettent un meilleur déplacement et une meilleure
    disponibilité de l’humidité et des éléments nutritifs.

  • L’activité microbienne des nombreux types d’organismes vivant
    dans le sol contribue également à la santé du sol. Lorsqu’on
    adopte des pratiques de travail réduit, l’activité microbienne
    peut afficher une hausse atteignant 44 pour cent.

  • Dans les systèmes de travail réduit, le sol n’est pas aussi
    sujet à la compaction, un problème causé par le passage
    d’équipement très lourd dans les champs, qui entraîne la création
    de couches de sol très dures inhibant la croissance des racines.

  • Le travail réduit du sol contribue aussi à l’amélioration des
    conditions atmosphériques. Si l’on réduit le nombre de passages
    aux champs avec l’équipement de labour, on peut diminuer la
    consommation d’essence jusqu’à 50 pour cent, et contribuer ainsi à
    une meilleure utilisation des ressources non renouvelables. De
    plus, le carbone stocké dans le sol reste sur place plutôt que
    d’être libéré dans l’atmosphère lorsqu’on retourne le sol.

  • Finalement, la couche protectrice formée par les résidus de
    culture réduit la quantité de particules de sol soulevées par
    l’érosion éolienne. Le fait de laisser les résidus de culture à la
    surface du sol aide aussi à retenir les éléments nutritifs,
    assurant aux cultures les nutriments adéquats pour fournir un
    rendement maximal.

    Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

    Ipsos Reid

    http://www.Angusreid.com/

    Monsanto

    http://www.monsanto.com/

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