Le tromblon, un capteur pour tester le raisin sans le presser

Grabels (France), 11 août 2004 – Baptisé « tromblon » en raison de sa forme, un capteur vient d’être inventé par des chercheurs de l’Hérault pour tester, au milieu des vignes, la qualité des raisins sans les presser.

« Son intérêt est d’offrir une prédiction très fiable de la parcelle à partir de 150 grappes sans aucun prélèvement. Il suffit de le plaquer sur le raisin. L’opération dure à peine cent millièmes de seconde », explique à l’AFP Michel Crochon, l’un des concepteurs.

A travers un spectre photométrique traduisant la composition moléculaire du fruit, l’appareil permet de mesurer sa teneur en sucre, donc à terme son degré d’alcool, ainsi que son acidité, principal indicateur de sa maturité. Il détermine également la quantité d’anthocyane, colorant rouge naturel, dont la présence garantit au vin une belle robe.

Le « tromblon » a été créé par le Centre de machinisme agricole, du génie rural, et des eaux et forêts (CEMAGREF) de Montpellier, dans le cadre d’un projet mené depuis deux ans avec l’Association de coordination technique agricole (ACTA) et l’Institut technique de la vigne et du vin (ITV) à Grabels (Hérault).

Jusqu’ici, la méthode traditionnelle, utilisée notamment pour les vins AOC (appellation d’origine contrôlée), consistait à examiner seulement le jus de 200 grains de raisin prélevés dans chaque parcelle.

« Le résultat était plus subjectif car ces grains ne fournissaient qu’une moyenne imparfaite de la parcelle », observe Michel Crochon, en soulignant le « gain de temps » que peut apporter cet instrument à l’approche des vendanges.

Directeur de la coopérative des « Coteaux du Pic » à Saint-Mathieu-de-Tréviers (Hérault), où 300 adhérents produisent quelque 70 000 hectolitres dont 17% en appellation d’origine, Bernard Santanac promet une « belle réussite » au tromblon s’« il peut être motorisé sur un tracteur ».

« Il est vrai que les contrôles actuels sont rébarbatifs et ne concernent qu’une partie des parcelles qui ne sont pas toujours représentatives avec la modification des conditions climatiques. Si cet appareil fonctionne bien, on pourra l’utiliser sur l’ensemble du vignoble », poursuit-il.

Ce n’est pas la première fois que le CEMAGREF de Montpellier utilise la technique de la spectrométrie pour mettre au point un appareil destiné aux récoltes.

L’an dernier, le centre de recherche héraultais avait présenté le « glove », un gant intelligent capable de détecter, au toucher, la qualité d’un fruit dans les vergers.

Outre le capteur photométrique, cet appareil était équipé d’un petit marteau qui déterminait par résonance la fermeté du produit, et de « doigts » dont l’écartement permettait de le calibrer.

Mais, prudence oblige chez les industriels, le « glove » comme le « tromblon » n’existent pour l’heure qu’à l’état de prototype, attendant des investisseurs pour lancer leur standardisation.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Cemagref – Institut de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement
http://www.cemagref.fr/

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