Le vin réussit son entrée sur le marché du bio

Narbonne (France), 16 janvier 2002 – En plein développement dans les vignobles du pourtour méditerranéen et très prisés en Europe du Nord, les vins issus de raisins de l’agriculture biologique ont été présentés la semaine dernière à Narbonne, au salon mondial professionnel « Millésime Bio ».

Organisé par l’association interprofessionnelle des vins biologiques du Languedoc-Roussillon (AIVB-LR), première région productrice devant Provence-Alpes-Côte-d’Azur, ce salon avait réuni une dizaine de vignerons pour sa première édition en 1994. Il est devenu un « passage obligé » pour les acteurs de la viticulture dite « bio ».

Pour l’édition 2002, qui s’achevait mercredi, plus de 170 vignerons français, italiens, espagnols, portugais, tunisiens, suisses ou autrichiens ont présenté quelque 400 vins différents aux 600 visiteurs professionnels de « Millésime Bio », négociants, importateurs, cavistes ou restaurateurs.

Des vins coûtant en moyenne 5 à 10 % plus cher que les productions conventionnelles, le surcoût pouvant atteindre 50 à 80 % sur certains produits haut de gamme.

« Si l’ancrage du biologique se trouve surtout dans les pays du sud, sur le pourtour méditerranéen, c’est plutôt dans les pays d’Europe du Nord que l’on trouve le plus de consommateurs », explique Thierry Duchenne, directeur de l’AIVB-LR. « Dans ces pays, le public est sensibilisé depuis plus longtemps aux produits bio en général, le marché allemand restant le plus important ».

« Le biologique prend de plus en plus d’importance mais se trouve dans des proportions identiques dans les différents bassins de production de vin », poursuit Thierry Duchenne.

Une part qu’il estime entre 1 % à 2 %, tout en relevant la difficulté actuelle pour établir des chiffres précis en raison des évolutions en cours dans les régions de production, aussi bien en France qu’à l’étranger.

En France, on recense 1116 exploitations viticoles biologiques mais de nombreuses conversions sont en cours, notamment dans le cadre du plan quinquennal de développement de l’agriculture biologique, qui « se termine en 2002 et était particulièrement favorable pour la viticulture ».

Comme beaucoup des nouveaux arrivants dans le monde « bio », Jean-Luc et Catherine Hubert, propriétaires-récoltants dans le Bordelais avec un domaine familial de 28 ha en Côtes de Bourg et un autre vignoble de 60 ha (Premières côtes de Blaye), ont effectué une reconversion rapide, sans regret.

« Mon vignoble ne me plaisait plus du tout. Dans les années 60-70, très fastes pour l’industrie chimique, être moderne et à la mode, c’était mécaniser. Le vignoble était devenu un outil », explique Jean-Luc Hubert.

Le déclic a été la tempête de 1999. « Comme beaucoup, j’étais traumatisé, notre environnement était très touché », souligne-t-il. « Il fallait replanter les arbres, les haies bordant les vignes, sur un terrain escarpé, très pentu, ce que permettait une conversion », ajoute M. Hubert, regrettant le « poids » des démarches administratives.

De fait, les viticulteurs bio ont aujourd’hui diverses motivations. La conviction et l’éthique pour certains, des préoccupations environnementales ou de sécurité alimentaire, des marchés prometteurs aussi.

« Les pionniers, dans les années 50-60, venaient souvent des milieux alternatifs. Ceux qui se sont lancés dans les années 80-90 étaient généralement sensibles aux problèmes environnementaux mais étaient aussi des +businessmen+ », explique Thierry Duchenne.

« Depuis quelques années », poursuit-il, « on commence à voir de grosses exploitations avec des domaines de plus de 100 ha, des caves coopératives se mettent aussi au bio ».

Source : AFP

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