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L’épineux poids spécifique

PHOTO : André Dumont

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Des semis de maïs reportés jusqu’en juin, puis un gel mortel le 19 septembre. La saison 2014 a été très difficile et cela s’est reflété dans le poids spécifique du grain.

De nombreuses livraisons de maïs de la récolte de l’automne dernier au Québec obtiennent les grades 3 ou 4 à la réception, essentiellement à cause d’un poids spécifique plus faible que d’habitude. Leur qualité nutritive est-elle réellement inférieure à du maïs de grade 2? Rien n’est moins sur.

Facteur déterminant dans la valeur commerciale des grains, le poids spécifique est un critère qui ne fait pas l’unanimité. La façon de le mesurer est controversée. La plupart du temps, les meuneries peuvent très facilement ajuster les rations et composer avec du grain léger. Et il arrive parfois que du grain plus léger s’avère plus riche en énergie!

Saison courte

Au lendemain du gel du 19 septembre, on s’est mis à craindre pour la qualité des grains. « Plus l’hybride était humide lors du gel, plus son poids spécifique allait être moins bon, parce qu’il n’avait pas atteint la maturité physiologique », explique Gilles Tremblay, chercheur au CEROM.

D’après ce chercheur, le maïs qui avait atteint la maturité physiologique et qui affichait déjà une teneur en eau de 35 % ou moins a peu souffert du gel. Sinon, chaque point d’humidité en plus peut s’être transposé par une baisse d’un quart de point de poids spécifique.

À la récolte, énormément de maïs était effectivement plus léger que les années antérieures, de sorte qu’il s’est classé No 3 plutôt que No 2. Certaines zones ont connu des récoltes de maïs plus désastreuses, se classant No 4 ou No 5.

« Avec la courte saison qu’on a connue, on a quand même réussi à produire un grain de maïs de qualité acceptable », affirme François Labrie, agronome à La Coop fédérée. La qualité est loin d’être aussi désastreuse qu’en 2000, insiste-t-il. Le maïs québécois de cette année répond tout à fait aux besoins de qualité des secteurs bovins, porcins et de l’éthanol.

« Il s’est aussi récolté du beau maïs, à 68, 69 et 70 kg/hl », rapporte le producteur Christian Overbeek. Le président de la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec (FPCCQ) affirme que les cas de poids spécifique catastrophique ont beaucoup fait jaser, mais que dans l’ensemble, la qualité a été plutôt bonne.

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