Les agriculteurs veulent une enquête publique un an après la fièvre aphteuse

Londres (Angleterre), 17 février 2002 – Des agriculteurs britanniques en appellent à la justice pour obtenir du gouvernement qu’il ouvre une enquête publique sur l’épizootie de fièvre aphteuse qui a fait son apparition il y a tout juste un an.

L’épizootie, qui a été déclarée officiellement éradiquée seulement le mois dernier, a provoqué l’abattage de quatre millions d’animaux, sur un cheptel de quelque 55 millions de bêtes.

La ministre en charge de l’Environnement et des affaires rurales a refusé d’ouvrir une enquête publique, préférant mener trois enquêtes séparées sur différents aspects de l’épizootie : l’une pour évaluer ce qui s’est mal passé, une autre pour dessiner l’avenir de l’élevage britannique et la dernière pour déterminer comment gérer à l’avenir de nouvelles épizooties.

Des avocats défendant des agriculteurs vont demander lundi à la Haute Cour de Justice de juger illégale cette décision de mener trois enquêtes séparées. Ils estiment qu’elle va permettre d’édulcorer les critiques visant le gouvernement et empêchera de tirer les leçons de l’épizootie.

Cela fera un an jour pour jour, mardi, qu’un vétérinaire, lors d’une visite de routine dans un abattoir de l’Essex (sud de l’Angleterre) détectait les premiers signes de la maladie. Avant que le diagnostic soit confirmé, la maladie avait déjà touché 43 exploitations agricoles, profitant pour s’étendre du transport et de la vente des animaux.

Dans la foulée, l’Union européenne décrétait un embargo sur l’exportation de bétail britannique. Toute vente et mouvement de bétail étaient interdits au Royaume-Uni, les animaux infectés étaient brûlés dans d’immenses bûchers funéraires, l’armée mobilisée pour empêcher la propagation de la maladie.

Au coût de la maladie elle-même s’est greffé l’impact sur le tourisme britannique. Pendant plus de quatre mois, la campagne anglaise a été placée en quarantaine, avec la fermeture au public des chemins de randonnée, de nombre de parcs naturels ou encore de sites historiques.

Le ministre des Finances Gordon Brown a estimé à 2,7 milliards de livres (4,32 milliards d’euros) le coût financier de cette crise pour le gouvernement. Les agriculteurs ont reçu des compensations, mais le tourisme et les petites entreprises en milieu rural en ont beaucoup souffert.

Le gouvernement britannique a récemment évalué à 3,3 milliards de livres (5,3 milliards d’euros) les pertes du secteur du tourisme sur la période de mars à octobre 2001.

Source : AFP

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