Les Canadiens craignent les produits chimiques dans leurs aliments

Montréal (Québec), 14 juillet 2002 – Les Canadiens craignent l’effet sur leur santé des produits chimiques présents dans les aliments qu’ils consomment. Un sondage Léger Marketing, dont les résultats ont été communiqués à la Presse Canadienne, révèle en effet que pas moins de 85 pour cent des Canadiens se disent « assez » ou « très » inquiets de la présence de pesticides, herbicides, engrais et additifs dans les aliments qu’ils consomment.

« Ca ne m’étonne pas », s’est exclamé en entrevue le président de la Fédération de l’agriculture biologique, rattachée à l’Union des producteurs agricoles, Pierre Gaudet.

« Au cours des trois ou quatre dernières années, il y a eu un certain nombre de signaux assez marquants, particulièrement en Europe, un peu moins au Québec et au Canada, et comme la nouvelle voyage et est planétaire maintenant, ceux qui sont à l’affût de l’information ont un peu plus d’inquiétude », a-t-il commenté, citant le cas de la maladie de la vache folle et du débat sur les organismes génétiquement modifiés (OGM).

Au pays, c’est au Québec, cependant, que l’on exprime le moins d’inquiétude face à ces produits chimiques dans les aliments. Quelque 75 pour cent des Québécois se disent tout de même « assez » ou « très » inquiets.

M. Gaudet avance une explication: « Je croirais que c’est à cause d’un double service d’inspection des aliments et d’un historique alimentaire qui a été assez sécuritaire jusqu’à maintenant ». D’autres provinces ont le leur, en plus de celui du fédéral, mais « celui du Québec est plus important que celui des autres provinces », souligne M. Gaudet.

Les Québécois sont aussi deux fois plus nombreux que les autres Canadiens à se dire « peu » ou « pas » inquiets de la présence de ces produits chimiques dans les aliments, soit 24 pour cent d’entre eux, comparativement à 14 pour cent des Canadiens, voire 7 pour cent des citoyens de l’Atlantique.

Produits bio

Les Canadiens sont aussi perplexes face à l’appellation biologique accolée à certains aliments.

En fait, ils se divisent en trois camps: 39 pour cent ont confiance en cette appellation, 35 pour cent n’y ont pas confiance, alors que 25 pour cent ne savent qu’en penser.

Le Québec, encore une fois, diffère du reste du pays, parce que les opinions y sont plus tranchées.

Les Québécois sont en effet plus nombreux à avoir confiance en l’appellation biologique – 51 pour cent -, mais aussi plus nombreux à ne pas y avoir confiance – 44 pour cent. Cela s’explique par le fait que, partout au pays, le pourcentage d’indécis face à l’appellation biologique tourne autour de 30 pour cent, alors qu’au Québec, il n’est que de 5 pour cent.

M. Gaudet tente une explication: « Au Québec, il y a une loi sur le contrôle de l’appellation bio, qui a pris effet en 2000, mais qui n’a pas atteint encore complètement sa performance pleine et entière. Le niveau de confiance, je le relierais au fait qu’il y a des personnes informées, mais il y a encore beaucoup de gens mal informés. Les mécanismes de certification sont encore un peu mal connus, mieux qu’ailleurs au Canada, mais pas encore suffisamment connus. »

Pour ce qui est de la plus grande difficulté des Canadiens à se former une opinion sur la question, M. Gaudet croit que « le problème canadien réside dans le fait que la norme canadienne est une norme volontaire, alors que la norme québécoise fait que si on veut vendre des produits biologiques et les appeler comme tels, il faut avoir suivi un cahier de charges spécifiques et être contrôlé par le processus d’accréditation du Québec. »

Le sondage a été réalisé auprès de 1500 Canadiens adultes, du 4 au 9 juin dernier. Il comporte une marge d’erreur de 2,6 pour cent, 19 fois sur 20.

La Fédération de l’agriculture biologique représente 200 producteurs agricoles, majoritairement des fermes de petite surface, mais aussi des grandes.

Source : Presse Canadienne

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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