Les chips et les frites pourraient contenir une substance cancérigène, selon une étude

Stockholm (Suède), 24 avril 2002 – Les chips, les frites, les céréales du petit déjeuner, le pain et d’autres aliments à base d’amidon contiennent une substance qui pourrait provoquer le cancer, met en garde l’Administration suédoise de l’alimentation (SLV).

La substance, appelée acrylamide, apparaît lorsque les féculents sont chauffés comme par exemple lorsqu’on fait cuire du pain ou frire des pommes de terre, soulignent les chercheurs. « La découverte selon laquelle de l’acrylamide se forme lors de la préparation d’aliments (…) est un fait nouveau », précise Leif Busk. « Il pourrait être désormais possible d’expliquer certains cas de cancer provoqués par l’alimentation ».

Deux quotidiens suédois ont consacré leur une à la nouvelle mardi et une conférence de presse de la SLV a été retransmise en direct à la télévision le même jour. Pris d’assaut par de nombreux Suédois apparemment inquiets, le site Web de la SLV a été fermé provisoirement.

Toutefois, les chercheurs n’ont pas évalué le risque apparent de cancer, les autorités sanitaires n’ont pas émis de recommandations et aucune denrée n’a été retirée des rayons. « N’arrêtez pas de manger ces aliments, mais faites attention, » a conseillé Lilianne Abramsson Zetterberg, une toxicologue de la SLV.

Cette étude est « une sonnette d’alarme parmi beaucoup d’autres », a commenté Eva Buren, porte-parole de la chaîne de supermarchés ICA. « La plupart d’entre nous savons déjà qu’on ne devrait pas manger un paquet de chips par jour ».

La SLV a étudié une centaine d’aliments et déterminé que « les pommes de terre et produits céréaliers sautés, cuits au four ou frits peuvent contenir une forte concentration d’acrylamide ». Celle-ci est connue pour être utilisée pour traiter l’eau potable et pour des applications industrielles. Elle peut provoquer le cancer chez des personnes exposées à des taux élevées sur une longue période.

Les chercheurs suédois estiment que leurs travaux sont les premiers à examiner sa création et sa consommation dans les aliments. La SLV souligne que ses recherches confirment des découvertes similaires réalisées par l’Université de Stockholm.

Les conclusions ont été soumises à l’Union européenne pour un examen approfondi. Les chercheurs suédois estiment que l’acrylamide pourrait être responsable de plusieurs centaines de cancers sur les 45.000 recensés chaque année en Suède, en se fiant à des expériences dans lesquelles des rats ont été nourris avec des aliments frits.

Ils n’ont pas précisé quel type de cancer en particulier pourrait être associé à l’acrylamide, soulignant que des études supplémentaires étaient nécessaires.

Source : AP

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