Les grains évitent le pire

Les prix des grains ont connu une semaine dernière empreinte de précarité, échappant à nouveau de justesse à une chute dramatique de leurs valeurs alors que celles-ci frisent des creux inégalés depuis plusieurs mois.

La morosité générale des marchés financiers persiste face à la crise des dettes nationales en Europe. Cette crise étant en marche depuis déjà plusieurs mois, ses répercutions se font de plus en plus sentir à tous les niveaux de l’économie mondiale. Résultat : tout ne tourne pas rond et la reprise économique de plusieurs pays tarde.

Les grains avaient amorcé la semaine dernière déjà passablement affaiblis, quand la séance de mercredi s’est soldée par de nouveaux creux. Depuis un peu plus d’une semaine, les prix des grains jouent avec le feu : ils sont non seulement à des creux inégalés depuis plusieurs mois, mais également appuyés sur des niveaux de supports techniques très importants qu’il ne faudrait pas briser au risque de les voir s’effondrer rapidement.

Heureusement, après plusieurs semaines sans grandes nouvelles stimulantes pour les prix des grains, voilà que la sécheresse menace au Brésil et en Argentine. Au Brésil, dans le Mato Grosso, il n’a pas plu sur les cultures de soya depuis 21 jours et on s’attend à des rendements réduits.

Les prix des grains donc ont évité la semaine dernière un important recul de leur valeur. Certains analystes ont souligné que de plus en plus d’acheteurs commerciaux seraient actifs, ceux-ci commençant à sentir un malaise à l’idée que les prix des grains pourraient reculer davantage.

Que se soit aux États-Unis comme au Canada et au Québec, il semble que de leur côté les producteurs seraient moins fermés à l’idée de vendre un peu de leur récolte alors que les perspectives de voir les prix des grains progresser de manière importante demeurent minces pour l’instant.

Prix du maïs
Le prix du maïs a connu une semaine dernière éprouvante. À l’ouverture des marchés jeudi, il a brièvement atteint un creux inégalé depuis un an à 5,7625 $US/boisseau (227 $US/TM).

Brisant son important support à 5,80 $US/boisseau (228 $US/TM), le prix du maïs a donc accusé un nouveau recul net de sa valeur au cours de la semaine du 12 décembre en baissant de 0,1150 $US/boisseau (4,70 $CAN/TM) pour s’établir vendredi à 5,8275 $US/boisseau (238,01 $CAN/TM).

Le contexte que connaît le prix du maïs est précaire et plutôt difficile à évaluer :

  • Dans son rapport mensuel de décembre, le USDA a révisé la production mondiale à la hausse à un niveau record de 867,52 millions de tonnes pour 2011-12. Dans cette foulée, les inventaires mondiaux de fin d’année ont également été gonflés de 5,62 millions de tonnes à 127,19 millions de tonnes.
  • Les inventaires américains de fin d’année de maïs ont été revus légèrement à la hausse à 21,54 millions de tonnes contre 21,41 millions de tonnes au mois de novembre.
  • La récolte chinoise de maïs aurait maintenant atteint un record de 191,75 millions de tonnes. Ceci amincit les chances de voir la Chine réaliser d’importants achats de maïs américain avant tout au moins le mois de juin prochain selon certains spécialistes.
  • Les exportations hebdomadaires américaines de maïs continuent d’éprouver des difficultés à progresser alors que la compétition sur les marchés internationaux demeure forte et que le blé fourrager demeure une alternative de choix disponible en abondance.

D’autre part, certains éléments continuent de supporter le prix du maïs :

  • Dans les faits, le niveau des inventaires de fin d’année 2011-12 demeure très serré. Actuellement, le nombre de jours de réserve est de 54 jours, ce qui ne s’était pas observé depuis 1973-74, année commerciale au cours de laquelle le prix du maïs avait progressé de plus de 40 %.
  • La production américaine d’éthanol continue de rouler à plein régime alors qu’elle frise des records de production hebdomadaire. Les inventaires d’éthanol américain demeurent également très bas.
  • Les conditions très sèches en Amérique du Sud laissent toujours présager l’éventualité de voir les récoltes de maïs du Brésil et de l’Argentine s’amincir. Le Brésil et l’Argentine sont respectivement les quatrième et cinquième plus importants producteurs de maïs.

Plus d’information et d’analyse sur www.grainwiz.com.

 

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