Les OGM sont-ils la solution à la faim dans le monde?

Ottawa (Ontario), 9 mars 2005 – Des agriculteurs, des scientifiques et des spécialistes des politiques de l’Afrique, de l’Asie, de l’Amérique latine et du Moyen-Orient profiteront d’une rencontre avec des représentants du gouvernement du Canada à Ottawa pour demander au gouvernement de revoir son utilisation des récoltes génétiquement modifiées comme outil de développement durable.

Les membres de cette délégation internationale se joindront à diversgroupes de la société civile canadienne afin d’exprimer leur inquiétude enversla promotion agressive par le Canada des récoltes génétiquement modifiées dansles pays en développement. Les membres de la délégation feront également lalumière sur d’importantes fausses idées qui circulent à propos de la capacitédes aliments génétiquement modifiés de calmer la faim.

« Le gouvernement canadien croit à tort que les OGM jouent un rôle positifdans ses initiatives de développement durable dans les pays en développement,dit Anna Paskal d’Inter Pares. Mais les expériences des membres de la présentedélégation démontrent clairement que les récoltes génétiquement modifiées nesont pas la solution à la pauvreté et à la faim; en fait, elles peuvent mêmeexacerber le problème. »

La résistance aux OGM en Afrique a fait les manchettes en 2002 lorsque laZambie a refusé des produits agricoles génétiquement modifiés offerts pourl’aider au moment où certaines parties du pays connaissaient des pénuriesimportantes de nourriture. « Malgré des pressions venues de toute la planète,le gouvernement de la Zambie maintient qu’il a pris une décision responsableen n’acceptant pas les OGM offerts pour l’aider. Nous prétendons que lesincidences à long terme des OGM et de leurs produits dérivés ne sont pasentièrement comprises et, par conséquent, que la sécurité et la prudencedoivent l’emporter sur les autres intérêts, y compris les ententescommerciales internationales, » dit Mwananyanda Mbikusita Lewanika, directeurexécutif du National Institute for Scientific & Industrial Research de laZambie.

Les petits agriculteurs développent et utilisent leurs propres semences,et la contamination par les OGM et la perte de la biodiversité qui enrésultent sont des préoccupations clés. « En nous fiant sur les produitsagricoles traditionnels, nous avons réussi à composer avec les années desécheresse et nous n’avons jamais connu la faim. Nous avons adapté nosrécoltes aux conditions locales et nous cultivons nos aliments dans des solsmarginaux sans irrigation, dit l’agricultrice indienne Sammamma Bidakanne.Notre capacité de conserver et de réutiliser les semences traditionnelles estla base de notre biodiversité et de notre sécurité alimentaire – tout cela estmenacé par les récoltes génétiquement modifiées. »

« Cet échange vient particulièrement à point nommé, au moment où legouvernement fédéral est en train d’élaborer une stratégie scientifique “pourles pauvres” en route vers le sommet du G8 à Edimbourg en juillet prochain. Labiotechnologie agricole est un élément central de cette stratégie, dit PatMooney du ETC Group. Le Canada doit tenir compte des perspectives critiquesdes habitants des pays en développement lorsqu’il élabore ses politiques surces questions. »

A la suite de cette rencontre d’une journée entière derrière des portescloses avec des représentants du gouvernement du Canada, les membres de ladélégation internationale prendront la parole au cours d’un forum public auCentre des Congrès d’Ottawa à 19 h. Ils s’adresseront également à des députésà l’occasion d’un déjeuner au Parlement le lendemain matin.

Membres de la délégation internationale :

  • Mwananyanda Mbikusita Lewanika, National Institute for Scientific & Industrial Research, Zambie
  • Ibrahim Coulibaly, Association of Professional Producers of Mali
  • Camila Montecinos, GRAIN, Chili
  • Masanagari Narsamma, agricultrice, Inde
  • Begari Sammamma, agricultrice, Inde
  • Periyapatna Venkatasubbaiah Satheesh, Deccan Development Society, Inde
  • Melina Hernandez Sosa, Union de Organizaciones de la Sierra Juarez de Oaxaca, Mexico
  • Melaku Worede, ancien Directeur de la banque de gènes, Ethiopie

    Groupe de travail sur la politique du Canada concernant la biotechnologie agricole et les pays en développement:
    Canadian Organic Growers, Conseil des Canadiens, ETC Group, Greenpeace,Inter Pares, Syndicat national des cultivateurs, Polaris Institute, Comitépour la justice sociale, L’Eglise Unie du Canada, USC Canada.

    Commentaires