Les petites épiceries en France sont en baisse

Paris (France), 27 février – Six fois moins d’épiceries, trois fois moins de boucheries: en 30 ans, le petit commerce a fortement reculé en France sous les assauts des supermarchés et hypermarchés.

Toutefois, boulangers, marchands de journaux ou fleuristes, qui sont même un peu plus nombreux, résistent encore plutôt bien, selon une étude publiée par l’INSEE.

Une commune sur deux n’a désormais plus aucun commerce de proximité, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques. Reste que les petites entreprises -au plus deux salariés- représentent encore un quart des emplois du commerce de détail. Mais les non-salariés, les temps partiels et les apprentis y sont nombreux.

En 1998, la France comptait environ 128 400 petites entreprises de commerce. Elles représentent 74% du nombre des entreprises de commerce, 24% de l’emploi total et 13% du chiffre d’affaires du commerce de détail en 1998.

Trente ans plus tôt, elles constituaient 86% du parc, 59% de l’emploi et plus de la moitié du chiffres d’affaires du commerce de détail.

Pour comprendre ce recul, il faut se rappeler que le premier supermarché a été créé en 1957 et le premier hypermarché en 1963. Trente ans après, les bouleversements de la distribution et de la société ont vu le commerce de proximité perdre de son intérêt.

Tous les ménages ou presque peuvent se déplacer pour faire leurs courses dans les hypermarchés en périphérie des villes, note l’INSEE. Et les femmes qui travaillent ont de moins en moins de temps pour faire leurs courses.

L’érosion a surtout touché les commerces d’alimentation générale. Le nombre des épiceries, désormais essentiellement cantonnées à une offre d’appoint ou de dépannage, est ainsi passé de 87 600 en 1966 à 13 800 en 1998, celui des boucheries de 50 500 à 14 700. On ne compte plus que 2200 poissonneries, 1100 crémeries.

En revanche, le nombre de fleuristes a augmenté, passant de 5900 à 9900. La consommation de fleurs connaît en effet une croissance très dynamique et ces produits éphémères et fragiles s’accomodent mal des contraintes de la grande distribution.

De même, les boulangeries-patisseries résistent bien (40 200 à 22 400) comme les librairies-marchands de journaux (13.200 à 11 900), et il reste encore 5000 quincailleries.

Le petit commerce garde ainsi un rôle important, souligne l’INSEE. C’est chez le petit commerçant que le consommateur va recevoir un conseil personnalisé, trouver des produits spécialisés, s’assurer de la fraîcheur des produits.

Et le petit commerce attire ainsi encore beaucoup de nouveaux entrepreneurs: en 2001, 48 000 petites entreprises de commerces se sont créées, dont 10% de boulangeries. Mais le nombre des disparitions reste encore plus important que celui des créations et le petit commerce continue de se réduire.

Source : AP

Commentaires