Les producteurs de lait réclament un seul canal d’exportation

Drummondville (Québec), le 23 août 2000 – « Maintenons un seul canal pour le lait d’exportation », tel est le message que sont venus livrer près de 2000 producteurs et productrices de lait de partout au Québec, rassemblés aujourd’hui à Drummondville. C’est dans le cadre d’une assemblée générale spéciale de la Fédération des producteurs de lait du Québec (FPLQ) que ceux-ci ont livré leur message.







Jusqu’à la récente décision de la Régie, l’ensemble du lait produit au Québec, y compris celui destiné à l’exportation, a toujours été transigé par le plan conjoint, assurant ainsi l’équité tant entre producteurs qu’entre transformateurs.


Avec cet événement, les producteurs de lait lançaient une large mobilisation visant le maintien d’un seul guichet pour la commercialisation du lait destiné à l’exportation. Ils en ont contre une décision de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec rendue récemment et qui instaure la mise en place de deux « filières » pour le lait destiné à l’exportation, l’une à l’usage exclusif des coopératives, l’autre pour le reste de l’industrie.

Pour l’Union des producteurs agricoles (UPA) et la FPLQ, on vient d’ouvrir une brèche dans le système de mise en marché collective des producteurs et productrices de lait, le plan conjoint. L’ensemble du lait produit au Québec est commercialisé par ce plan. En accordant un canal parallèle, celui des coopératives, cette décision ramène à la situation qui prévalait il y a vingt ans.

« L’industrie laitière québécoise s’est développée grâce au modèle de mise en marché collective et on ne voit pas comment les exportations pourraient être accrues dans un mode désordonné », de déclarer M. Laurent Pellerin, président de l’UPA. La décision de la Régie porte non seulement atteinte à la mise en marché collective mais, du même coup, met en place des conditions qui empêcheront le Québec de développer son plein potentiel d’exportation de produits laitiers.

« En étant aussi nombreux aujourd’hui, les producteurs et productrices de lait du Québec ont clairement démontré leur ferme volonté de préserver l’intégrité du principe d’un canal unique de mise en marché du lait, non seulement sur le marché domestique mais aussi sur le marché d’exportation », d’ajouter M. Pellerin.

De son côté, M. Jean Grégoire, président de la FPLQ, a souligné que « la mise en place de deux canaux de commercialisation menace directement l’existence de leur plan conjoint, ce que les producteurs ne toléreront pas », soulignant qu’il leur a fallu plusieurs dizaines d’années pour établir le système de mise en marché actuel.

Jusqu’à la récente décision de la Régie, l’ensemble du lait produit au Québec, y compris celui destiné à l’exportation, a toujours été transigé par le plan conjoint, assurant ainsi l’équité tant entre producteurs qu’entre transformateurs. C’est justement le principe du canal unique qui garantit cette équité. Si celui-ci est amoindri, les risques sont grands de voir réapparaître le désordre dans la commercialisation du produit. Et le phénomène risque de faire tache d’huile dans toutes les productions agricoles avec plan conjoint.

Lors de l’assemblée d’aujourd’hui, les producteurs et productrices ont été invités à constituer une chaîne d’information et à aller rencontrer leurs collègues producteurs laitiers, absents aujourd’hui, pour les sensibiliser à la nécessité d’agir. De plus, tous les producteurs et productrices de lait du Québec sont conviés à signer une carte postale en guise de pétition pour manifester leur soutien à la position de la FPLQ et de l’UPA dans les démarches qu’elles ont entreprises.

« Nous retournerons d’abord devant la Régie pour qu’elle réévalue sa décision, mais soyez certains que nous ne baisserons pas les bras tant que nous n’aurons pas eu gain de cause », a déclaré M. Grégoire, ajoutant que jamais les producteurs de lait n’accepteront de voir rogné un outil de mise en marché collectif comme le plan conjoint.

De son côté, M. Pellerin a tenu à souligner que « le principe d’une mise en marché ordonnée et efficace est un des piliers du modèle agricole québécois. Ce ne sont pas seulement les intérêts des neuf mille cinq cents producteurs et productrices de lait du Québec qui sont menacés, mais également ceux des quarante-cinq mille producteurs et productrices agricoles de la province », a-t-il conclu.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des Producteurs de Lait du Québec

http://www.lait.org

Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ)

http://www.rmaaq.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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