Les États-Unis pourraient réduire les crédits de programmes publics concernant l’agriculture

Washington (États-Unis), 1 mars 2001 – George Bush a dévoilé mercredi son premier projet de budget, basé sur une diminution des dépenses, de la dette et des impôts, susceptible selon lui de relancer une économie américaine dans le doute après des années de croissance euphorique.

« Les perspectives économiques sont incertaines. Le chômage augmente et la confiance des consommateurs baisse. Une pression fiscale excessive mine notre prospérité », déclare le nouveau président américain en préambule de ce document de 207 pages.

Dans ce budget qui prévoit de dépenser $1.960 milliards, la hausse des dépenses serait limitée à quatre pour cent pour l’année fiscale 2002 commençant au 1er octobre.

Les recettes attendues s’élèvent à $2.190 milliards, laissant un excédent de $231 milliards.

Le budget repose sur une prévision de croissance de 3,3% du PIB, de 2,6% des prix de détail et sur un taux de chômage de 4,6%.

Le projet du président Bush porte en germe les promesses du candidat républicain, qui s’est engagé à une baisse des impôts de $1.620 milliards sur dix ans et à une réduction de la dette nationale à $2.020 milliards sur la même période.

A un tel niveau, le ratio dette/PIB des Etats-Unis serait alors le plus bas depuis un siècle.

En matière fiscale, le projet prévoit une baisse du taux minimum d’imposition de 15% à 10% et du taux maximum de 39,6% à 33%.

L’administration Bush prévoit d’augmenter les dépenses en matière d’éducation, de défense, de logement et d’affaires étrangères, mais de diminuer celles concernant l’agriculture, l’énergie et les transports.

Un montant de $153 milliards sera consacré à la modernisation de Medicare sur dix ans. Medicare est le programme d’assurance-maladie des personnes âgées.

Les dépenses militaires augmenteront de $14,2 milliards à $310,5 mds et celles de l’éducation de $4,6 milliards à $44,5 mds. La dotation de la recherche médicale augmentera de $2,8 milliards.

Le budget de l’agriculture diminuera de $1,6 milliards, celui de l’énergie de $700 millions, celui de la justice de $1,0 milliards et celui des transports de $2,1 milliards.

Les démocrates ont immédiatement réagi en estimant que la baisse des impôts proposée par George Bush constituait un cadeau offert aux classes les plus aisées et un retour à l’ère Reagan génératrice de déficits budgétaires colossaux.

« Nous ne voulons pas revenir à cette période si peu bénie où les réductions d’impôt nous ont laissé des dettes sur les bras pendant 15 ans », a déclaré le président du groupe démocrate au Sénat, Tom Daschle (Dakota du Sud).

Pas plus fiable que la météo
Pour le président du Parti démocrate, Terry McAuliffe, faire des projections sur dix ans est aussi sérieux que prévoir la météo pour 2011.

« Nous sommes favorables à une baisse des impôts, mais qu’elle soit juste et responsable d’un point de vue budgétaire. Ce qu’on nous présente, ce ne sont que des calculs mathématiques fumeux, les chiffres ne concordent pas », a-t-il ajouté.

Mardi, George Bush a affirmé que la décennie à venir apporterait un excédent budgétaire de $5.640 milliards, largement suffisant pour financer à la fois la baisse des impôts, le remboursement de la dette et le budget fédéral.

Le président a quitté Washington mercredi pour “vendre” son budget auprès de ses concitoyens, en se rendant pendant deux jours en Pennsylvanie, au Nebraska, en Iowa, en Arkansas et en Géorgie.

George Bush a également souhaité que les baisses d’impôts soient rétroactives au 1er janvier afin de relancer immédiatement la consommation.

La Chambre des Représentants a annoncé mercredi qu’elle se prononcerait la semaine prochaine sur ce texte, après son passage en commission.

Les Républicains étant majoritaires à la Chambre, le budget devrait etre adopté, mais l’affaire est plus délicate au Sénat, divisé à 50/50 entre les deux partis.

La voix du vice-président Dick Cheney serait alors prépondérante, sauf si deux sénateurs républicains qui ont jugé irréalistes les baisses d’impôt décident de faire sécession.

George Bush devrait alors composer avec les sénateurs et tempérer quelque peu ses ardeurs fiscales.

(Tous les montants sont en dollars américains, sauf indication contraire)

Source : Reuters

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