Les Verts et Greenpeace critiquent le projet de loi OGM français

Paris (France), 18 janvier 2006 – Greenpeace a dénoncé le projet de loi sur les OGM qui sera présenté en conseil des ministres le 8 février en estimant que le texte bafoue le principe de précaution et revient à protéger les OGM. Pour les Verts, le texte a été préparé « sans concertation » et « dans une très grande opacité ».

Selon le ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche François Goulard, le texte prévoit notamment « une évaluation approfondie des OGM en terme de santé publique et pour l’environnement, l’élimination complète des marqueurs de résistance aux antibiotiques, une limitation à dix ans des autorisations de mise sur le marché et une obligation d’étiquetage des OGM ».

Pour Greenpeace, le projet ne mentionne pas le terme de « précaution » comme le stipule l’article 8 du texte introductif de la directive européenne et « ne donne aucun chiffre de contamination, aucune distance de sécurité à respecter entre les champs ».

Selon le projet Goulard, « les modalités de mise en cultures d’OGM relèveraient de décrets qui seraient pris ultérieurement. En clair, le projet de loi renvoie ces précisions essentielles aux calendes grecques et surtout, il autoriserait le gouvernement d’en décider sans aucune concertation ni aucun débat démocratique ».

Le texte, qui organise « l’impunité totale de l’industrie agroalimentaire, des semenciers, des transporteurs », renforce également « le ‘caractère confidentiel’ de certaines données, notamment des analyses toxicologiques menées sur les animaux. Or justement, certaines d’entre elles (…) semblent indiquer que des OGM soulèvent de graves problèmes biologiques chez les rats », dénonce Greenpeace.

« Il est inadmissible que le ministère de la Recherche, qui évidemment n’a aucune compétence en matière de mise en cultures commerciales d’OGM, s’apprête à légaliser la pollution de l’environnement, à mettre en danger la santé des citoyens et à condamner les Français, massivement opposés aux OGM, à la contamination génétique », a déploré Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM de Greenpeace.

Les Verts jugent également dans un communiqué que le projet de loi « s’inscrit dans une logique de criminalisation des faucheurs et déresponsabilise en revanche les industries de semences transgéniques en reportant la responsabilité en cas de contamination sur les seuls exploitants. Aucune information en direction des élus et de la population n’est prévue non plus ».

Source : AP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

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