L’Europe veut protéger les appellations de 35 produits agricoles

Bruxelles (Belgique), 25 juillet 2003 – La Commission européenne a établi une liste de noms de 35 boissons et produits alimentaires, dont le champagne, le vin de Bordeaux, le roquefort ou le jambon de Parme, dont elle veut réserver l’usage aux producteurs européens, ont annoncé des responsables européens.

La Commission a lancé auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) une campagne destinée à récupérer les appellations de ces produits fabriqués en Europe, et à mettre fin à leur utilisation dans le reste du monde.

« Nous tentons de récupérer au sein de l’OMC l’usage exclusif de tels noms », a déclaré un responsable européen. « Ces noms nous ont été usurpés et nous voulons les reprendre. »

Pour la Commission, il est honteux que le jambon de Parme fabriqué en Italie soit étiqueté « super jambon » au Canada car une société canadienne possède les droits sur cette dénomination dans ce pays.

Cette liste, encore en discussion, devrait être approuvée à la mi-août afin que la Commission puisse la présenter comme elle le souhaite lors de la réunion de l’OMC qui se tiendra en septembre à Cancun, au Mexique, et au cours de laquelle la libéralisation des échanges agricoles sera examinée.

La Grèce veut que le nom « feta », repris par d’autres pays comme le Danemark, soit ajouté au 35 produits répertoriés et la France demande de son côté à ajouter sept appellations, dont celles de Beaujolais et de Calvados.

Les négociations portant sur le secteur agricole opposent l’UE aux Etats-Unis, au Canada, à la Nouvelle-Zélande, à l’Australie et à l’Argentine sur divers points.

Ces pays, fondés par des migrants européens qui ont emmené avec eux leur savoir culinaire, accusent à présent l’Europe de tenter d’introduire par la petite porte des barrières commerciales sur les biens alimentaires.

Le vice-président du bureau américain des brevets et des marques, Jon Dudas, a affirmé cette semaine que cette demande visait à permettre « aux producteurs européens (de pouvoir) demander des prix de monopole pour leurs produits ».

La Commission a annoncé avoir le soutien de pays en développement comme l’Inde, qui veut défendre son thé darjeeling, la Thaïlande, attachée à son riz au jasmin et le Guatemala à son café.

Source : Reuters

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