L’industrie agro-alimentaire bretonne innove pour survivre

Rennes (France), 24 octobre 2004 – Sandwiches pré-emballés, salades prêtes à manger, plats cuisinés diététiques… les entreprises agro-alimentaires bretonnes innovent pour résister à la concurrence des pays émergents particulièrement vive sur les denrées alimentaires de base.

La Bretagne est la première région agricole et agro-alimentaire française. Mais c’est aussi la région « qui souffre le plus des crises de l’agro-alimentaire », constate Odette Herviaux, vice-présidente (UMP) du Conseil régional de Bretagne, en charge de l’agriculture et de la qualité agro-alimentaire.

La filière fournit 40% des emplois industriels bretons, en tête devant l’électronique et l’automobile. Mais le nombre d’emplois agro-alimentaires a stagné pour la première fois en 2003, alors qu’il augmentait chaque année jusque-là.

Le modèle productiviste qui a fait le succès de l’agroalimentaire breton depuis les années 70 arrive en bout de course. La Bretagne a été durement touchée l’an dernier par la fermeture de plusieurs sites de production dans la volaille (restructurations des groupes Doux et Gastronome), mais aussi dans la charcuterie et les salaisons.

« Notre filière agro-alimentaire est marquée par une valeur ajoutée trop faible, elle n’abrite pas suffisamment d’activités de transformation », déplore Mme Herviaux.

Mais elle souligne que des mutations sont en cours, favorisées par des aides du Conseil régional, et elle juge « globalement positif » le plan pour l’agro-alimentaire annoncé dimanche par le gouvernement.

Elle a suivi avec intérêt les innovations, notamment en matière de produits santé et nutrition, présentées au Salon international de l’alimentation (Sial), qui ferme ses portes jeudi à Villepinte (Seine-St-Denis). Les PME bretonnes font, selon elle, bonne figure, proposant du thon ou des sardines à faible teneur en sel, ou des gâteaux enrichis en protéines.

« Le principal défi auquel sont confrontées les entreprises bretonnes est la concurrence croissante de pays émergents, comme le Brésil, la Thaïlande ou l’Argentine », analyse Jean-Paul Simier, chef du service économique de la Chambre régionale d’agriculture de Bretagne. Or, « nous ne sommes qu’au début d’un processus de libéralisation mondiale du secteur », prévient-il.

« On ne peut pas travailler au coût des Chinois. Il faut donc faire des produits innovants qui répondent à la demande de consommateurs plus exigeants », explique-t-il.

Selon lui, l’élevage bas de gamme de poulets en batterie n’a plus d’avenir en France. Les créations d’emplois se font sur les produits transformés.

Ainsi, la société morbihanaise Mix Buffet, connaît un grand succès sur le marché des salades traiteurs vendues en grande surface. Démarrée en 1998 avec six personnes, l’entreprise en emploie aujourd’hui 350. Le groupe Daunat, basé à Guingamp, qui est devenu le numéro un français du sandwich pré-emballé, surfe sur la mode des produits allégés.

Sur le marché difficile de la sardine à l’huile, la société Chancerelle a maintenu des centaines d’emplois à Douarnenez, en positionnant la marque Connétable sur le haut de gamme.

Les entreprises agro-alimentaires bretonnes investissent chaque année entre 300 et 400 millions d’euros par an en recherche et développement.

Mais la filière souffre d’une « mauvaise image des métiers de l’agro-alimentaire », déplore Jean Salmon, président de la Chambre régionale d’agriculture de Bretagne. Il met en garde contre « une pénurie de main d’oeuvre dans les années à venir », qui pourrait freiner la croissance.

Source : AFP

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