Louis Robert plaide pour l’indépendance des agronomes et des centres de recherche

L'agronome insiste pour une séparation claire entre le public et le privé en agriculture

L’agronome du MAPAQ Louis Robert qui s’est présenté mardi soir devant la commission a répété le message qui lui a valu de perdre son emploi avant d’être réintégré le mois dernier : les agronomes ne devraient pas à la fois offrir des services-conseils et vendre des pesticides, ce qui est clairement un conflit d’intérêt selon lui. Il a aussi insisté sur l’indépendance des organismes de recherche publique, faisant valoir que le privé travaillait pour ses propres intérêts. « Les solutions sautent au yeux. L’Ordre des agronomes ne doit plus permettre à ses membres de vendre des pesticides (et)  les centres de recherche doivent conserver leur indépendance ».

Articles connexes

Si la situation actuelle existe, c’est parce que les autorités ont laissé les corporations s’ingérer, estime l’agronome. Les bureaux régionaux du MAPAQ se sont retrouvés seuls avec des moyens qui se sont réduits avec les années. Le privé s’est retrouvé aux trois niveaux  primordiaux, soient la recherche, le transfert technologique et le service-conseil. « Le privé s’est trouvé en amont alors qu’il devrait se trouver en aval », a ajouté M.Robert en parlant des niveaux d’intervention. Le privé a sa place mais en raison de ses objectifs de rentabilité, il doit être séparé du public puisque les intérêts divergent.

Le gouvernement s’est trouvé à réagir à coup de réglementations, ce qui n’aurait jamais eu lieu d’être si les centres de recherche et les agronomes avaient pu faire leur travail en toute indépendance. L’agronome a donné comme exemple la recherche au Québec qui avait démontré l’inutilité d’enrober les semences d’insecticides, avant que le message ne soit perdu et contredit par la suite.

Interrogé sur le glyphosate, M.Robert a affirmé que des méthodes existaient pour réduire l’utilisation des herbicides. Ces moyens sont connus, comme la rotation, la lutte intégrée et le dépistage. Il plaide d’ailleurs pour  davantage de ressources pour le transfert technologique qui est le maillon faible de la chaîne entre la recherche appliquée et la ferme, selon lui. Il a cité en exemple les ratés de la valorisation des fumiers  de ferme à la fin des années 90 qui s’est avéré être un échec en raison du manque d’explications et de nuances entre les résultats de la recherche et son application auprès des agriculteurs.

Le transfert technologique est selon l’agronome aussi essentiel que la recherche et demande un effort de groupe pour réussir. C’est pourquoi il ne suggère pas d’augmenter l’aide à la recherche, puisque selon lui, les méthodes de réduction de pesticides sont connues au MAPAQ. Les subventions et la conversion forcée au bio ne sont pas non plus des solutions, selon lui. Il s’agit de mettre en place la lutte intégrée qui a déjà fait ses preuves.

Commentaires