L’UE autorise l’usage commercial de 17 variétés de maïs OGM

Bruxelles (Belgique), 8 septembre 2004 – L’Union européenne a donné son feu vert à la commercialisation pour la première fois de semences contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Mais la Commission n’est pas parvenue à dégager un consensus en son sein sur la fixation des seuils rendant obligatoire la signalisation de la présence d’OGM dans les cultures.

Une telle décision constituerait l’une des dernières étapes de l’élaboration des réglementations communautaires qui mettraient fin à l’embargo décidé il y a près de six ans par l’UE sur la culture d’OGM.

L’exécutif communautaire a donné son accord à la commercialisation de 17 semences de maïs élaborées par le groupe américain Monsanto à partir d’une souche dont la culture avait été autorisée par l’UE juste avant la mise en place de l’embargo en 1998.

« La Commission européenne a approuvé aujourd’hui l’inscription de 17 variétés dérivées du maïs MON 810 dans le catalogue commun des variétés des espèces de plantes agricoles de l’UE », a-t-elle annoncé dans un communiqué.

« Ce maïs est autorisé en vertu de la législation communautaire sur les OGM depuis 1998 », a-t-elle ajouté.

Le MON 810 a été modifié pour résister à certains insectes.

Avant la décision de mercredi, les 17 variétés concernées ne bénéficiaient que d’autorisations nationales attribuées par la France et l’Espagne. Seuls les agriculteurs de ces deux pays pouvaient donc les acheter et les cultiver.

Mais selon la procédure en vigueur, une autorisation dans un seul pays de l’Union oblige la Commission a étendre cette autorisation à l’ensemble des membres, à condition que cette autorisation soit conforme à la réglementation européenne.

Cette perspective avait suscité des protestations des écologistes, qui jugent irresponsable de généraliser l’usage des semences génétiquement modifiées tant que les pays de l’Union ne se seront pas dotés d’une réglementation assurant la séparation entre les cultures d’OGM et les cultures traditionnelles.

Reijo Kemppinen, porte-parole de la Commission, a expliqué que la fixation des seuils d’OGM appartiendrait probablement à la prochaine Commission, qui prendra ses fonctions le 25 octobre.

« Il est peu probable que cette Commission ait le temps de se pencher à nouveau sur ce dossier », a-t-il dit lors d’une conférence de presse.

Le projet qu’a examiné mercredi la Commission sortante prévoyait de rendre obligatoire la signalisation de la présence d’OGM pour les semences de maïs et de colza contenant plus de 0,3% d’organismes génétiquement modifiés.

Source : Reuters

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Monsanto
http://www.monsanto.com/

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