L’Union paysanne pointe du doigt les pratiques agricoles dangereuses et non-sécuritaires

Québec (Québec), 4 février 2004 – Dans son mémoire national sur la sécurité alimentaire devant la Commission parlementaire de l’Agriculture, l’Union paysanne considère que la sécurité alimentaire n’est pas d’abord un problème d’inspection , de certification et de traçabilité visant avant tout à rassurer les clients, mais bien davantage un problème de pratiques non-sécuritaires qui sont tolérées dans la production et la transformation des aliments et qui mettent en danger la santé collective.

Des pratiques non-sécuritaires
Ces pratiques non-sécuritaires sont issues d’un modèle agricole productiviste et libre-échangiste qui veut produire ou vendre toujours plus au meilleur prix. On a tort de ne pas prendre au sérieux des pratiques dangereuses comme l’usage des engrais chimiques et des fumiers liquides, l’usage de pesticides en série, l’usage d’antibiotiques, d’hormones et de farines animales dans les élevages, la concentration des élevages, l’usage de semences et d’animaux transgéniques, l’irradiation des aliments, les nombreux additifs et agents de conservation rendus nécessaires par la transformation et la circulation des aliments, etc. Ces pratiques doivent être progressivement éliminées ou carrément interdites.

Au chapitre des OGM, le mémoire estime qu’il faut non seulement étiqueter les aliments contenant des OGM, en raison de leurs risques potentiels pour la santé, mais interdire l’usage des semences et animaux OGM en agriculture en raison de la contamination qui met en danger la survie des espèces naturelles et des cultures biologiques, en plus de permettre à quelques multinationales de s’assurer une mainmise sur l’ensemble de l’agriculture.

Rupture de confiance
Le mémoire souligne que la confiance envers les mesures de contrôle et les expertises scientifiques n’existe plus en raison des intérêts économiques et politiques et du peu de transparence qui les régissent. Beaucoup de ces pratiques qui utilisent outrageusement le vivant à des fins commerciales, heurtent de plein fouet les valeurs de notre société. Or la sécurité alimentaire est un choix social avant tout : « Il appartient à la communauté et non à des soi-disant experts à la solde de l’industrie ou des politiciens de choisir le niveau de sécurité dont elle veut se doter ».

La solution est dans une agriculture et une alimentation de proximité
« La solution aux problèmes de sécurité alimentaire, conclut le mémoire, réside avant tout dans le développement d’un secteur agroalimentaire axé sur la souveraineté alimentaire, le marché intérieur, la diversification de la production, la transformation et la mise en marché locale, l’agriculture biologique et durable, la ferme à dimension humaine. Or présentement toutes nos politiques vont dans le sens inverse et l’Union paysanne réclame des États généraux de l’agriculture pour permettre une réorientation fondamentale de nos politiques agricoles.

Un mémoire préparé par l’Union paysanne de la région de Lanaudière souligne les dangers d’une alimentation à deux vitesses qui condamne les moins bien nantis à la malbouffe et aux problèmes de santé qu’elle engendre. L’accès à une nourriture sécuritaire est un droit pour tous et chacun.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union Paysanne
http://www.unionpaysanne.com/

Commentaires