L’UPA devant la Commission de l’agriculture, des pêcheries et de l’alimentation

Québec (Québec), 3 février 2004 – « Toute nouvelle exigence liée à la sécurité alimentaire ajoute au fardeau des coûts de production des agricultrices et des agriculteurs. Si personne d’autre ne met l’épaule à la roue pour les aider dans l’implantation de nouveaux programmes, nous nous rapprocherons inéluctablement d’un point de rupture quant à la capacité du secteur agricole à rencontrer toutes ces nouvelles normes. »

Voilà, en substance, la mise en garde que le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, a livré devant la Commission de l’agriculture, des pêcheries et de l’alimentation. Cette dernière, rappelons-le, vient d’entamer des consultations sur les nouveaux enjeux de la sécurité alimentaire et leurs impacts sur l’industrie agroalimentaire au Québec.

Le président de l’UPA s’est fait très clair : il n’est pas question de réticence de la part des agriculteurs vis-à-vis de ces nouvelles exigences, bien au contraire. « De tout temps, a-t-il souligné, nous avons su, avec l’appui des systèmes d’inspection et de contrôle gouvernementaux, garantir la mise en marché de produits alimentaires sains et d’excellente qualité à la population du Québec et d’ailleurs. C’est une priorité pour nous, une condition sine qua non d’accès aux marchés. Qu’il suffise, par exemple, de penser au système de contrôle de la qualité dans la production laitière ou à la traçabilité dans la production bovine. »

La confiance des consommateurs à l’endroit des produits agricoles de chez nous traduit d’ailleurs très bien cette réalité. Un récent sondage SOM, mené auprès de 1 000 répondants, pour le compte de l’UPA entre le 21 et le 28 janvier dernier, le confirme : il y a en effet 90 % de la population québécoise qui estime que les agriculteurs du Québec produisent des aliments de qualité. Ils sont également 84 % à affirmer que ces produits leur sont en outre offerts à un coût compétitif. Il est également significatif que nos produits agricoles soient vendus dans quelque 150 pays.

Le problème, d’expliquer M. Pellerin, est que si les producteurs et productrices doivent assumer les coûts additionnels associés aux nouvelles exigences sur la qualité et la salubrité des produits, cette valeur ajoutée aux denrées ne se reflète pas dans le prix qu’ils reçoivent. L’expérience des dernières années a en effet démontré que les agriculteurs n’ont pu aller chercher dans le marché des revenus suffisants pour compenser de tels frais supplémentaires. À cela s’ajoute toute la lourdeur administrative générée par ces responsabilités.

Si on veut davantage rassurer le consommateur sur l’innocuité des aliments qu’il consomme, il est important, estime l’UPA, que le gouvernement, par son mandat de protection de la santé publique, joue un rôle primordial et assure une responsabilité évidente quant au financement et à l’orchestration de ces nouvelles initiatives de sécurité et de traçabilité des aliments. D’ailleurs, toujours selon le sondage SOM, les Québécois considèrent largement que l’État devrait en faire davantage à cet égard (70 %), sinon autant (27 %) qu’actuellement.

Au surplus, le monde agricole réclame du gouvernement qu’il prenne les dispositions nécessaires pour garantir la transparence des prix et des marges sur le marché des produits alimentaires pour faire en sorte que les producteurs et productrices agricoles du Québec puissent aller chercher leur juste part dans le marché. C’est la seule façon, estime l’UPA, de mettre un frein à l’érosion du revenu net des entreprises agricoles qui fléchit sous le fardeau toujours grandissant des nouvelles exigences et qui, ramené par unité de production, n’a cessé de chuter au cours des 20 dernières années.

Dans un contexte de mondialisation, si la société québécoise veut préserver une agriculture de type familial et durable, le gouvernement du Québec doit assister le secteur agricole sur le plan technique et financier de façon à lui permettre d’obtenir un revenu adéquat pour sa contribution à fournir aux Québécois et Québécoises des produits alimentaires sains et de qualité. « Le type d’agriculture que l’on aura demain est celui que les consommateurs, les contribuables et les citoyens voudront bien se donner; c’est une responsabilité collective, un choix de société », de conclure M. Pellerin.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

Commentaires