L’UPA joint sa voix au mouvement de contestation

Longueuil (Québec), 11 décembre 2003 – « Le gouvernement ne peut continuer à faire abstraction du malaise de plus en plus persistant qui s’installe dans la société québécoise à l’égard des réformes qu’il a mis de l’avant ces derniers temps et faire comme s’il ne voyait et n’entendait rien. »

C’est en ces termes que le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, a fait part que son organisation se rallie à la cause du mouvement de protestation organisé aujourd’hui contre les politiques du gouvernement Charest. « Toutes ces réformes soulèvent bien davantage de questions et d’appréhensions que de réponses, hormis celles d’engagements électoraux qui sont loin de faire l’unanimité », a souligné M. Pellerin, prenant à témoin plusieurs décisions rébarbatives aux secteurs agricoles et forestiers.

Le président de l’UPA a ainsi fait référence au projet loi 34 sur le nouveau ministère du Développement économique et régional. À l’instar de nombreux partenaires socio-économiques régionaux, les représentants des secteurs agricoles et forestiers sont en effet écartés, dans cette réforme, des structures décisionnelles locales et régionales de développement pour n’être appelés à y jouer, à l’avenir et le cas échéant, qu’un simple rôle de figurants. L’Union s’est d’ailleurs associée, cette semaine, à une coalition qui dénonce ce projet de loi.

L’UPA en a également contre la décision du gouvernement Charest d’avoir opté pour le nouveau tracé de l’autoroute 30 en terres agricoles, faisant fi de 20 ans d’études préconisant un autre tracé, celui de la 132. « En s’entêtant ainsi, pour la seule raison de satisfaire à une promesse électorale, le gouvernement bafoue les principes mêmes de la Loi sur la protection du territoire agricole et donne un signal on ne peut plus clair que, dorénavant, il n’y a pas de mal à gaspiller les bonnes terres cultivables au Québec! » de s’insurger M. Pellerin.

Une autre source d’appréhension réside dans les modifications que le gouvernement entend apporter à la Loi sur la justice administrative avec son projet loi 35. Cette réforme prévoit notamment une dilution de l’expertise du Tribunal administratif du Québec (TAQ) en matière d’environnement et de protection du territoire agricole. Cela est d’autant plus inquiétant que circule le scénario de faire de la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) une instance médiatrice plutôt que décisionnelle.

Le secteur agricole est par ailleurs très inquiet des velléités de déréglementation qui circulent dans les plus hautes officines gouvernementales. La réglementation en matière de mise en marché collective serait en effet dans le collimateur de cette cure minceur réglementaire, sous prétexte, fait-on valoir, qu’elle nuirait à la transformation en région. Pour le président de l’UPA, il s’agit là d’une autre aberration, alors que le secteur agricole traverse une des pires crises du revenu qu’il ait jamais connue et que les outils de mise en marché collective sont, au contraire, plus pertinents que jamais dans pareil contexte.

« Pris isolément chacun de ces éléments soulève la désapprobation, mis ensemble ils provoquent un mécontentement qui déborde du seul champ des considérations sur leur opportunité pour remettre en cause la nature, sinon la légitimité même, du processus de décision politique qui les sous-tend. Le mouvement de protestation généralisé comme celui qui s’opère aujourd’hui est symptomatique d’un tel constat et le gouvernement se devrait d’y voir le signal d’une démocratie en action qui lui rappelle que la raison de l’État et celle du bien commun l’emportent sur les considérations électoralistes et partisanes», de conclure M. Pellerin.

Signalons d’ailleurs qu’aujourd’hui les employés de l’UPA et de certaines fédérations affiliées sortent dans la rue pour témoigner de leur désapprobation à l’encontre de l’affaiblissement des politiques sociales et des droits à la syndicalisation, de même qu’envers les mesures susceptibles de miner la vitalité du secteur agricole et forestier. D’autre part, ils doublent ce geste de manifestation d’un appui de solidarité à l’égard des plus démunis, en prêtant leur concours pour solliciter des dons dans le cadre de la grande guignolée organisée par les médias.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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