L’UPA réserve un accueil mitigé aux nouvelles mesures sur les exploitations agricoles

Magog (Québec), 14 juin 2002 – « Le défi qui s’offrait au gouvernement était de paver la voie à une agriculture durable dans une perspective d’acceptabilité sociale. Son nouveau règlement va sans doute faire baisser d’un cran l’opposition à l’endroit de la production porcine mais, en procédant ainsi, il a manqué à son engagement envers le monde agricole de proposer des mesures favorisant le développement durable des entreprises agricoles et d’accélérer le plan d’action en agroenvironnement proposé par l’UPA au dernier Rendez-vous des décideurs ».

C’est la réaction qu’a fait connaître aujourd’hui le président de l’Union
des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, à la suite de l’annonce
du nouveau « Règlement sur les exploitations agricoles ». Mentionnons que le
règlement en question impose notamment un temps d’arrêt de dix-huit à vingt-
quatre mois, selon le cas, pour l’implantation de toute nouvelle exploitation
porcine.

M. Pellerin trouve tout à fait discutable que l’implantation de nouvelles
porcheries soit pratiquement impossible dans les zones où cela pourrait
pourtant se faire en conformité des exigences environnementales. Comme c’est
le cas dans les régions où il y a les superficies nécessaires à l’épandage des
fumiers et lisiers à titre d’engrais naturels.

L’UPA est cependant mieux disposée à l’égard des autres mesures du
règlement. Elle voit ainsi d’un bon oeil les nouveaux paramètres qui prendront

en compte les rejets réels de phosphore plutôt que des rejets théoriques
toujours surestimés à ce jour. L’élimination du concept de municipalités en
surplus est également bien accueillie, même si elle surviendra seulement au
terme de la période transitoire de 24 mois.

Il sera alors possible avec cette nouvelle approche de procéder à une
gestion des fumiers et lisiers ferme par ferme plutôt que par municipalité, ce
qui comporte de nombreux avantages, dont ceux d’être plus équitable entre les
producteurs, de permettre d’intervenir à la source du problème et de
responsabiliser chaque agriculteur sur la gestion des fumiers et lisiers.

Quant au plan d’accompagnement de 257 millions, le président de l’UPA
reste perplexe pour l’instant. S’agira-t-il d’argent neuf? Quand sera-t-il
disponible, où va-t-on aller le chercher? Le risque est aussi bien réel, a mis
en garde M. Pellerin, que l’investissement promis ne se matérialise que

partiellement, comme c’est souvent arrivé par le passé avec les différents
programmes agroenvironnementaux.

Alors que la réglementation exige déjà des efforts accrus de la part des
producteurs, le gouvernement, de rappeler M. Pellerin, n’a investi qu’un
maigre 15 millions en agroenvironnement dans son dernier budget et l’annonce
d’hier, qui augmente encore les exigences, ne prévoit à peu près rien pour
cette année. Echaudée par toute une série d’annonces d’investissement du même
acabit, l’UPA ajoutera réellement foi à cette intention quand le gouvernement
passera réellement aux actes.

L’UPA se montre par ailleurs ouverte à la création d’une commission du
BAPE sur le développement de la production porcine. Le débat doit reprendre de
justes proportions, estime M. Pellerin. Selon lui, le BAPE sera à même de
mener une analyse approfondie, de faire appel à des spécialistes crédibles, de
pondérer les points de vue et de déboucher, espère-t-il, sur des
recommandations susceptibles de favoriser le développement durable des
entreprises agricoles et de concilier, à terme, les préoccupations agricoles,
sociales et environnementales.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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