Marcel Groleau quittera la présidence de l’UPA à la fin de son mandat

Marcel Groleau quittera la présidence de l’UPA à la fin de son mandat

Après 10 ans à la présidence de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau a annoncé jeudi qu'il ne sollicitera pas de sixième mandat lors de l'assemblée générale de décembre prochain.

La décision a été annoncée aux membres du conseil général de l’UPA réunis jeudi. Avant d'être le président de l’UPA, Marcel Groleau a été président de la Fédération des producteurs de lait de 2004 à 2011. Son implication dans le syndicalisme agricole a débuté en 1991. Il a de plus occupé plusieurs fonctions au sein de diverses organisations. Marcel Groleau est producteurs laitiers à Thetford Mines avec son frère et son neveu.

Sur les réseaux sociaux, il a aussi annoncé la nouvelle à ses abonnés.

« C’est avec le cœur gros, mais avec le sentiment du devoir accompli que j’ai annoncé aux membres du conseil général de L'Union des producteurs agricoles - UPA que je ne solliciterais pas un sixième mandat lors du prochain Congrès général de l’Union. »

En entrevue, il explique que la décision était prise depuis longtemps, mais que le fait de l’annoncer, ça lui a fait « brasser beaucoup d’émotions ». Le poste de président de l’UPA est très accaparant. « Ça fait 10 ans que je roule à 100 à l’heure », dit-il. Il se dit qu’à bientôt 62 ans, il veut profiter un peu plus de la vie. « J’ai moins de résistance qu’avant. L’âge fait son œuvre », dit-il. Il souhaite prendre quelques mois pour réfléchir, mais il n’exclut pas se lancer dans d’autres projet. Il avait besoin d’une pause après plus de 20 ans depuis sa vice-présidence aux Producteurs de lait, puis président de cette fédération et la présidence de l’UPA. « C’est 22 ans où j’ai vraiment pas ralenti. Je me suis dit : c’est le temps pour moi de faire une pause », dit-il.

Bilan positif

En 2011, lorsqu’il était passé de président des Producteurs de lait à la présidence de l’UPA, il s’intéressait à ce qu'il se passait dans les autres productions. Il voulait aussi améliorer les communications entre les agriculteurs et les citoyens, entre l’Union et les médias. « Je trouvais qu’il y avait un travail important à faire à ce niveau-là », dit-il. Il a bien sûr été sollicité pour le poste, mais il voyait aussi « un défi vraiment intéressant ».

Ce qui le rend le plus fier parmi ses réalisations, c’est sa capacité à rassembler les gens. « À les amener aux compromis nécessaires pour faire avancer les positions communes », dit-il. Il cite notamment le dossier du plafonnement des quotas lorsqu’il était à la Fédération des producteurs de lait du Québec. « C’était un énorme enjeu pour les producteurs de lait. On voyait qu’on avait de la misère à améliorer la situation des fermes parce que beaucoup trop d’argent était investi dans les achats de quotas », raconte-t-il. Lors de son arrivée à l’UPA, c’était l’UPA du futur. Près de 40 syndicats de base ont été abolis pour former des syndicats locaux. Le nombre de fédérations régionales a diminué, passant de 14 à 12. Les territoires ont été redivisés. « Ça touchait les cordes sensibles de beaucoup de producteurs. Ça s’est fait sans pleurs et sans heurts. Donc, encore une fois, trouver les solutions alternatives sans dénaturer le projet. Ça, je suis assez content de la façon dont ça s’est fait. Les bénéfices de cette réorganisation de l’Union sont importants aujourd’hui encore. », dit-il.

Il explique aussi qu’à ses débuts comme président, l’UPA n’était pas souvent dans les médias. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus fréquent. « L’UPA est devenue, de notoriété, une organisation qui parle vraiment au nom des producteurs agricoles », dit-il. Depuis janvier, il a donné une centaine d’entrevues. Il est très fier d’avoir changé la perception de l’UPA dans les médias, « une UPA consciente des enjeux, une UPA qui écoute les citoyens, une UPA qui est capable d’avoir un discours avec ses producteurs, un discours franc et honnête sur les choses qu’on doit changer ». Il est fier de constater que l’UPA joue un rôle de plus en plus important pour expliquer la réalité agricole au Québec.

« Donc, mon legs, je crois que c’est ça. C’est de laisser une organisation qui est en santé financière, qui est politiquement stable, de plus en plus reconnue, avec une équipe de gestion ici – je pense ici à Charles-Félix Ross et les autres – solide. Donc, je pars avec l’assurance que l’organisation va continuer de progresser. Je pars vraiment avec le sentiment du devoir accompli. »

Pour l’avenir de l’UPA et de l’agriculture, il fonde beaucoup d’espoir dans la Politique bioalimentaire du Québec. Il raconte avoir été un catalyseur auprès du ministre de l’Agriculture de l’époque, Laurent Lessard, pour l’amener à consulter les gens par filière et non pas individuellement. Aujourd’hui, malgré le changement de gouvernement et de ministre de l’Agriculture, la Politique bioalimentaire est en place et continue. « Quand tu consultes les personnes individuellement, ça n’engage que les personnes individuellement, mais quand tu consultes par filière, ça l’a un effet de traînée importante », explique-t-il. Pour lui, c’est le travail collectif qui compte.

« C’est pour ça que je suis optimiste pour l’agriculture du Québec parce qu’on a cette habitude-là de travailler en filière », dit-il.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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