Marché des grains: Flambée des prix

Les marchés financiers étaient plus que moroses depuis le début de l’année. Les réserves abondantes, les récoltes record en Amérique du Sud et les très bonnes conditions de semis avaient donnée peu de raison aux marchés de s’inquiéter d’une possible diminution des stocks mondiaux.

Les conditions météos difficiles depuis un mois ont toutefois changé la donne : les pluies dans la Corn Belt, la sécheresse dans les Prairies et dans les principaux pays producteurs de blé en Europe ont renouvelé l’intérêt pour les céréales. En conséquence, le blé a effacé les pertes accumulées depuis le début de l’année et le maïs est sorti de sa torpeur. Le soya a profité de la vague pour repasser au-dessus de la barre des 10$US.

Des chiffres importants étaient attendus en début de semaine. Le département américain de l’Agriculture (USDA) devait dévoiler les stocks en réserve, l’état de la qualité des champs, ainsi qu’un ajustement des superficies semées. Des révisions à la baisse pour les stocks, les superficies de maïs et de soya, en plus d’une 3e semaine de dégradation de la qualité sur le terrain ont donné des munitions pour hausser les prix. Le USDA a toutefois indiqué qu’il mènerait une autre enquête sur le terrain puisque les intentions de semis pourraient avoir été perturbées à la suite des pluies des dernières semaines. Des sondages auront lieu Texas, en Arkansas (sud), au Kansas et au Missouri (centre). Les résultats seront dévoilés le mois prochain. La volatilité devrait toutefois demeurer sur les marchés à mesure que les champs traverseront des périodes critiques de croissance.

Après une semaine écourtée par le congé national américain, le blé a gagné 4%. La céréale avait bondi en début de semaine mais plusieurs courtiers ont profité de la venue du long congé pour encaisser des gains. L’annonce des vagues de chaleur en Europe et de la sécheresse dans les Prairies ont donné du tonus au grain, malgré la force du dollar américain. Des analystes commencent à parler d’une redite du scénario de 2002 où la production des Prairies avait chuté de 40%, due à la sécheresse. La France a de son côté révisé à la baisse ses estimations de la récolte 2015.

Le maïs a profité d’une estimation réduite des superficies semées aux États-Unis, en plus d’une météo plus que difficile dans plusieurs états. Des champs sont inondés ou trop humides pour y entrer et faire les travaux de mise. La période de la pollinisation approche de plus à grand pas et les modèles météos n’annoncent pas de répit sur ce front.

Le soya a suivi le courant malgré que la récolte s’annonce abondante aux États-Unis. Même avec une réduction des estimations de champs semées en soya, il s’agirait de la plus importante récolte de l’histoire du pays. La forte demande pour les produits dérivés a aider à soutenir les prix.

À la clôture des marchés jeudi, le blé avait augmenté de 4%, passant de 5,6800 $US la semaine dernière à 5,9050 $US pour les contrats pour septembre. Les contrats pour le maïs pour la période de décembre ont grimpé de 8,8% à 4,3725 $US par rapport à 4,0200 $US une semaine plus tôt. Le soya pour novembre a terminé à 10,3025 $US contre 9,8600 $US vendredi dernier.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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