Marché des grains: Nouvelle glissade des prix

Le marché des grains à Chicago a de nouveau été teinté de rouge cette semaine. Le Brexit continue de secouer les marchés mais surtout, la révision des superficies semées aux États-Unis a déjoué les prévisions des analystes. Le rapport publié le 30 juin a permis de constater que le nombre de champs semé en maïs serait encore plus élevé qu’estimé au printemps. Les observateurs avaient pour leur part tablé que les prix du soya inciteraient plusieurs producteurs à profiter de la hausse des prix de la fève depuis le début de l’année, ce qui ne s’est pas réalisé. Le maïs a donc encaissé encore pour cette semaine une baisse de prix, tandis que le soya a terminé en zone positive.

Le soya a en effet connu une bonne semaine, malgré les chiffres du département américain de l’Agriculture (USDA) qui a indiqué que les superficies pour le soya avaient atteint un niveau record en 2016. Le sentiment positif est venu des ventes à l’exportation qui se poursuivent, surtout de la part de la Chine. La météo difficile en Amérique du Sud a créé un manque à gagner, faisant en sorte que les acheteurs sont plus nombreux auprès des denrées américaines.

Le blé a atteint durant la semaine son niveau le plus bas sur les marchés en neuf ans. La céréale a été pénalisée par les rendements excellents du blé d’hiver, là où les récoltes ont débuté aux États-Unis. Avec des stocks mondiaux déjà abondants, la valeur de la céréale a trébuché pour une seconde semaine consécutive, faisant en sorte que le blé se vend moins cher que le maïs, selon les contrats à terme.

La météo sera à surveiller dans les prochains jours. Le maïs entame la période cruciale de pollinisation aux États-Unis. La sécheresse n’est pas à écarter dans certaines régions, mais la pluie a réussi jusqu’à maintenant à limiter les dégâts. Les conditions des cultures demeurent en effet meilleures en comparaison avec la moyenne pour cette période de l’année. Seul le soya a vu ses conditions revues à la baisse dans plusieurs États centraux. Le service de surveillance de sécheresse des États-Unis (Drought Monitor) a d’ailleurs émis un avertissement quant aux conditions au sol qui pourraient se détériorer.

Le boisseau de maïs pour livraison décembre, le plus actif, a encaissé une perte de 6,9% pour terminer la semaine à 3,6700 $US contre 3,9425 $US vendredi dernier, ce qui ramène le prix à ses niveaux d’avril. Le boisseau de blé est celui qui a subi les pertes les plus importantes avec une chute de 7,5% à 4,3025 $US pour le contrat le plus actif qui était celui de septembre. Il avait conclu la semaine dernière à 4,6500 $US. Il s’agit de son niveau le plus bas depuis septembre 2006. Le boisseau de soya pour novembre a gagné 5,5% pour finir la semaine à 11,3750 $US contre 10,7850 $US une semaine plus tôt.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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