Les agriculteurs canadiens ont acheté légèrement moins de tracteurs en 2025 qu’en 2024, tandis que les ventes de moissonneuses-batteuses ont augmenté, selon les statistiques de l’Association des fabricants d’équipements (AEM).
À ce jour, les ventes de tracteurs affichent un recul timide de 0,3 % sur un an. En revanche, le secteur des moissonneuses-batteuses affiche une progression de 1,6 %.
Le diable se cache toutefois dans les détails : le segment des tracteurs articulés (4 roues motrices) s’est effondré de 22,5 %, alors que celui des tracteurs à deux roues motrices progresse de 0,8 %.
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Un mois de novembre en demi-teinte comparativement à 2024 : les ventes de tracteurs à deux roues motrices de moins de 40 chevaux ont diminué de 10,2 % par rapport à novembre 2024, tandis que celles des tracteurs de plus de 100 chevaux ont chuté de 18,6 %. Les ventes de tracteurs d’une puissance comprise entre 40 et 100 chevaux ont, quant à elles, progressé de 11,8 % par rapport au même mois de l’année précédente.
Les ventes de tracteurs à quatre roues motrices (articulés) ont chuté de 50,6 % par rapport à novembre dernier. Les ventes de moissonneuses ont, quant à elles, progressé de 25,6 %.
Les ventes d’équipements au Canada ont mieux performé qu’au sud de la frontière. À la fin novembre, les ventes cumulées de tracteurs étaient en baisse de 9,7 % aux États-Unis, tandis que celles des moissonneuses accusaient une chute de 38,3 %.
La tendance baissière se poursuit
Globalement, les ventes de matériel agricole dans les deux pays ont connu une tendance à la baisse ces dernières années.
Ce repli n’est pas une surprise. Dès la fin de l’année 2023, Financement agricole Canada (FAC) avait averti que l’euphorie postpandémique — portée par le rétablissement des chaînes d’approvisionnement et des revenus record — ne durerait pas. La sécheresse dans l’Ouest canadien et l’effritement du prix des grains ont fini par peser sur le moral (et le portefeuille) des producteurs.
Fin 2023, FAC a averti que les fortes ventes de l’année ne résisteraient pas. L’organisme de crédit agricole a expliqué ces bons résultats par la résolution des problèmes d’approvisionnement liés à la pandémie et par d’importantes rentrées d’argent des agriculteurs. Cependant, la sécheresse dans l’Ouest canadien et la baisse des prix des matières premières risquaient d’avoir un impact négatif.
Les ventes ont diminué en 2024 comme prévu, et en novembre 2024, FAC a de nouveau prédit un effondrement en 2025, les agriculteurs étant confrontés à la faiblesse des prix des matières premières et au coût élevé des équipements.
L’effet domino des tarifs douaniers
C’était avant que le président américain Donald Trump n’entre en fonction et n’annonce des droits de douane généralisés, notamment sur l’acier et l’aluminium importés nécessaires à la construction de machines.
Fin novembre, le fabricant de matériel agricole Deere & Co a indiqué s’attendre à ce que l’impact des droits de douane sur son activité s’élève à environ 600 millions USD (826,1 millions CAD). Il prévoit un manque à gagner avant taxes d’environ 1,2 milliard USD (1,65 milliard CAD) en 2026.
La faiblesse des prix des récoltes et les coûts de production élevés incitaient les agriculteurs américains à reporter leurs achats ou à opter pour du matériel d’occasion. John Deere a pris en compte les changements de production, la hausse des prix et l’élargissement de son offre de matériel d’occasion.
Selon Jonathan Sakraida, analyste chez CFRA Research, il ne s’attend pas à ce que John Deere se redresse avant l’exercice 2027, ajoutant que l’entreprise a eu du mal à compenser les effets des droits de douane.
Cet article de Geralyn Wichers publié dans Farmtario a été traduit et adapté par Le Bulletin des agriculteurs.
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