Maïs : les exportations chinoises progressent à grande vitesse

France, 16 décembre 2002 – L’adhésion de l’empire du Milieu à l’OMC avait suscité les prévisions les plus enthousiastes qui soient aux États-Unis. L’administration y avait vu l’ouverture d’un gigantesque marché pour les matières premières agricoles américaines et notamment le maïs. En fait rien ne se passe comme prévu. Non seulement la Chine n’a pas ralenti le rythme de ses exportations, mais elle les a accélérées au point qu’elles ont atteint un rythme quasi-record. Les ventes de maïs chinois à l’étranger ont totalisé 840 000 tonnes (en moyenne) par mois entre janvier et octobre 2002 et pourraient s’élever à 10 millions de tonnes sur l’année, contre un niveau annuel moyen qui fluctue entre 4 et 6 millions de tonnes, indique le Département américain à l’agriculture. Les Etats-Unis avaient tablé sur une perte de compétitivité du maïs chinois avec l’obligation qui lui était faite de réduire ses subventions à l’exportation pour se conformer aux règles du commerce international. En fait, les choses ne se sont pas déroulées ainsi. La Chine a bien réduit les aides à l’exportation visées par l’OMC, mais elle a mis en place une autre série d’incitations comme des subventions en grains issus des stocks d’état, des dégrèvements sur les taxes portuaires, un abattement des taxes à la valeur ajoutée etc … Contrairement au pari américain, la Chine n’a pas non plus augmenté ses importations. La flambée des prix aux Etats-Unis à plus de 130 dollars la tonne a balayé toute perpective dans ce sens. Pire, lorsque les cours reviendront à la normale, l’administration américaine craint que les nouvelles règles établies par Pékin sur le maïs génétiquement modifié n’entravent l’essor des exportations de maïs des Etats-Unis. Pékin exige en effet des certificats de sécurité et impose un délai d’approbation de 270 jours pour les importations de maïs génétiquement modifié comme sur le soja. Les Américains redoutent même désormais que leurs ventes de maïs conventionnel n’en pâtissent, car il sera difficile de prouver qu’une cargaison ne contient pas du tout d’OGM.

Source : Les Échos

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