Monsanto prévoit une expansion des OGM dans l’agriculture

Davos (Suisse), 30 janvier 2001 – Le groupe américain Monsanto Co, géant américain de la biotechnologie agricole, a déclaré mardi s’attendre pour 2001 à une augmentation aux États-Unis des surfaces plantées avec ses semences génétiquement modifiées, malgré les inquiétudes qu’elles suscitent dans le monde entier.

« Nous sommes convaincus qu’en 2001, les surfaces ensemencées en produits biotechnologiques seront supérieures à ce qu’elles étaient en 2000 », a déclaré à Reuters Hendrik Verfaillie, directeur général du groupe, en marge du Forum économique mondial de Davos.

« Les enquêtes d’intention indiquent que nous aurons une croissance significative en ce qui concerne le soja Roundup Ready, une croissance modérée pour le maïs et une bonne croissance pour le coton […]; nos ventes de semences en décembre le confirment. »

Les agriculteurs américains achètent la majeure partie de leurs semences de printemps entre novembre et février. Ils recourent largement aux OGM, malgré la résistance des consommateurs sur des marchés aussi importants que l’Europe et le Japon.

Plus de la moitié de la production américaine de soja, 25% de celle de maïs et plus de 70% de celle de coton est issue d’OGM, d’après les estimations des analystes.

Les variétés Roundup Ready de Monsanto résistent à l’herbicide Roundup, ce qui permet un traitement plus efficace des récoltes, tandis que son maïs Bt contient un pesticide.

La controverse suscitée par les OGM a atteint un nouveau point culminant à la fin de l’année dernière, après la découverte dans plusieurs marques de tacos et de chips de StarLink, variété de maïs génétiquement modifiée commercialisée par le français Aventis SA . Or, celle-ci n’est pas autorisée pour la consommation humaine.

La protégine Cry9C présente dans le StarLink a également été découverte dans une autre variété de maïs, ce qui a fait craindre l’expansion incontrôlée des OGM.

L’Europe occidentale, seul point de résistance
Monsanto, filiale du groupe pharmaceutique Pharmacia Corp, est depuis longtemps au centre des critiques formulées par les détracteurs de l’agriculture biotechnologique.

Hendrik Verfaillie a déclaré à Reuters que son groupe leur prêtait une oreille attentive. Il y a deux mois, Monsanto s’est notamment engagé à ne pas utiliser de gènes d’origine animale dans les récoltes destinées l’alimentation humaine ou animale.

Les agriculteurs du monde entier suivent l’exemple américain en achetant davantage de semences génétiquement modifiées, a ajouté le directeur général du groupe.

« Nous nous attendons à ce que la totalité de l’Amérique latine évolue très rapidement. En Argentine, notre part du marché du soja est passée en trois ans de zéro à 90% », a-t-il dit.

« Je pense que nous allons assister au même type de pénétration sur le marché argentin du maïs et sur ceux du soja, du maïs et du coton au Brésil. »

En Asie, a-t-il poursuivi, l’agriculture biotechnologique connaît « une très bonne progression » en Inde, en Thaïlande, en Malaisie, en Chine et en Australie.

« Même en Europe, la Bulgarie et la Pologne sont passées à la biotechnologie […] L’Europe occidentale est le seul point de résistance. »

D’après l’International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications, organisme indépendant surveillant l’évolution de l’agriculture biotechnologique, treize pays ont planté des semences génétiquement modifiées au cours de l’an 2000.

A eux seuls, les Etats-Unis ont représenté 68% des cultures transgéniques mondiales. Viennent ensuite l’Argentine, avec 23%, et le Canada, avec 7%.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Monsanto

http://www.monsanto.com/

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