Nouveau cadre stratégique agricole canadien : beaucoup d’inconnues demeurent

Ottawa (Ontario), 7 mai 2002 – « Je suis venu ici pour obtenir des réponses et, bien que les travaux aient progressé, plusieurs éléments fondamentaux du cadre stratégique proposé par le gouvernement fédéral font toujours défaut ». C’est
ce qu’a déclaré le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, M. Maxime Arseneau, à l’issue d’une rencontre de travail des ministres de l’Agriculture qui s’est terminée aujourd’hui à Ottawa.

Les ministres se réunissaient pour poursuivre les discussions entreprises
à Whitehorse, en juin 2001, au sujet d’un éventuel cadre stratégique agricole
englobant cinq domaines d’intervention, soit l’agroenvironnement, la salubrité
et la qualité des aliments, les sciences, le renouveau des entreprises
agricoles et la sécurité du revenu.

Notant une certaine ouverture de la part du ministre fédéral concernant
l’inclusion dans l’accord d’une formule d’allocation des fonds fédéraux, le
ministre Arseneau a toutefois déploré le fait que d’autres éléments
fondamentaux pour le Québec soient toujours manquants.

A cet égard, le ministre a rappelé qu’il est nécessaire que l’ampleur des
fonds fédéraux soit connue avant que le gouvernement du Québec puisse examiner
un tel accord. De plus, le contenu d’un accord bilatéral Canada-Québec portant

sur la mise en oeuvre du cadre stratégique doit être précisé afin que le
Québec soit en mesure d’évaluer la volonté réelle de flexibilité de la part du
gouvernement fédéral.

« Le cadre stratégique doit permettre au Québec de bâtir sur les priorités
que les partenaires du secteur agroalimentaire se sont fixées ensemble », a
déclaré le ministre Arseneau en déposant un document qui présente les
consensus québécois au regard des sujets concernés par l’accord cadre.

Le ministre Arseneau a également souligné l’importance de tenir compte
des préoccupations de tous les maillons de la chaîne agroalimentaire, incluant
la transformation, la distribution et le commerce de détail.

En ce qui a trait à la sécurité du revenu agricole, le ministre dit

toujours s’inquiéter de la compatibilité des programmes fédéraux avec ceux du
Québec. « Il faut que les programmes du Québec et, par le fait même, le rôle de
La Financière agricole du Québec, soient reconnus dans le nouvel accord
puisque les programmes de La Financière répondent adéquatement aux
préoccupations du milieu agricole québécois », a déclaré le ministre.

Le ministre a aussi déclaré que la gestion de l’offre et la mise en
marché collective des produits agricoles devraient être considérées comme des
piliers du nouveau cadre stratégique agricole.

Le cadre stratégique agricole doit également tenir compte des
particularités des coopératives agroalimentaires, notamment en ce qui a trait
à leurs besoins de capitalisation. « Ottawa doit accorder aux coopératives
l’équivalent des mesures fiscales déjà offertes au Québec », a indiqué M.
Arseneau.

Abordant l’adoption récente du « Farm Bill » aux Etats-Unis, le ministre
Arseneau a exprimé son inquiétude et celle de l’industrie agricole québécoise
face aux distorsions que pourraient occasionner les niveaux des subventions
accordées par les partenaires commerciaux du Canada à leurs producteurs. Il a
signifié à son homologue fédéral que ces mesures nécessiteraient à court terme
une intervention appropriée d’Ottawa.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

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