Nouveau vaccin en chantier aux États-Unis

New York (États-Unis), 30 mars 2001 – Les chercheurs américains apportent leur contribution à la lutte contre la fièvre aphteuse. Ils enverront ainsi ce week-end à la Grande-Bretagne un nouveau test de dépistage et travaillent à la mise au point d’un nouveau vaccin qui permettrait de distinguer les animaux infectés de ceux qui sont simplement porteurs des anticorps de la maladie.

Le Centre des maladies animales de l’île Plum (PIADC), près de Long Island, est le seul établissement où des recherches sont menées sur la fièvre aphteuse aux Etats-Unis. Il est géré par une subdivision du ministère de l’Agriculture.

Le PIADC va envoyer ce week-end à Londres un nouveau test de dépistage qui pourrait réduire le délai d’attente du résultat à 90 minutes au lieu de deux jours. « Ce n’est pas un remède miracle » et il nécessite des recherches supplémentaires, souligne la porte-parole Sandy Miller Hays. « Il ne va pas aider (les Britanniques) à résoudre la crise actuelle, mais il pourrait être utile dans les premiers stades de l’épidémie ailleurs dans le monde. »

Mme Hays souligne que le fait de réduire le délai de dépistage de cette maladie hautement contagieuse pourrait épargner à un éleveur l’abattage de tout son troupeau pour éradiquer le virus.

Les Britanniques expérimenteront sur le terrain ce nouveau test, ce qui ne peut être fait aux Etats-Unis, pour la simple raison que la fièvre aphteuse y a été éradiquée. Mme Hays ne sait pas exactement quand les Britanniques commenceront l’expérimentation.

Les chercheurs du PIADC travaillent également sur un vaccin qui pourrait permettre de distinguer les animaux infectés de ceux qui sont seulement vaccinés, les deux étant porteurs des anticorps de la maladie. En Grande-Bretagne, où 780 foyers ont été recensés, le Premier ministre Tony Blair a décidé vendredi de remettre à plus tard sa décision sur une campagne de vaccination ciblée du bétail face aux réticences du monde agricole.

Les gouvernements européens rechignent à immuniser les troupeaux essentiellement pour des raisons économiques: de nombreux pays refusent en effet les importations d’animaux vaccinés et de leur viande, car ils sont porteurs des mêmes anticorps que les animaux infectés.

Le vaccin du PIADC pourrait être prêt au plus tard dans cinq ans, ou au mieux dans moins de trois ans. « Etant donné l’épidémie actuelle, il est possible que nous recevions des crédits supplémentaires pour accélérer les choses », souligne Mme Hays. « Mais ce sera de toute façon trop tard pour la crise actuelle. »

Le PIADC a été créé au début des années 50, après une épidémie de fièvre aphteuse au Mexique en 1946 et au Canada en 1952. L’établissement, situé sur une ancienne base de l’armée au large de la pointe orientale de Long Island, se concentre sur les maladies animales uniquement.

Source : AP

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