OGM : onze propositions du Sénat européen pour « sortir de l’impasse »

France, 30 avril 2003 – A trop s’entêter contre le culture des Organismes génétiquement modifiés, estime Jean-Marc Pastor, élu socialiste du Tarn, rapporteur de la mission sénatoriale sur les OGM, l’Union européenne prend un retard considérable en matière de recherche. Au terme d’une enquête de 16 mois et d’échanges avec les États-Unis et les autres pays européens, le Sénat a acquis diverses certitudes : toute décision relative aux biotechnologies doit laisser le choix au consommateur et l’informer clairement. A cet égard, les textes européens sur l’obligation de traçabilité et d’étiquetage des produits lui paraissent un bon garde-fou. Adoptés en première lecture, ils doivent encore faire l’objet d’une deuxième lecture du Parlement européen. Le Sénat estime en outre que les formes plus traditionnelles d’agriculture ou l’ agriculture biologique devront être conservées et protégées. Enfin, les contrôles des OGM devront se faire dans la plus grande transparence, afin de regagner la confiance des consommateurs à l’égard des politiques et des scientifiques.

Le risque économique du refus
Ces principes posés, les sénateurs considèrent que l’UE «ne peut pas rester dans sa bulle» en maintenant le moratoire, qui, depuis quatre ans, suspend toute autorisation de nouvelle variété OGM. Jean Bizet, sénateur de la Manche, souligne que les Français cultivent la contradiction sur le sujet à cet égard. Ils consomment ainsi du fromage, alors que 70% d’entre eux sont fabriqués à partir d’une enzyme issue d’une bactérie génétiquement modifiée : l’escherichia coli. Près de 70% des nos aliments sont issus de biotechnologies sans que le consommateur s’en doute. Les animaux d’élevage sont nourris au soja OGM, que l’Europe importe en grandes quantités. Un médicament sur six est issu du génie génétique.

Les enjeux économiques à la clé de l’acceptation des OGM sont immenses, affirme Jean Bizet : 250.000 emplois ont été perdus par l’UE au cours des dix dernières années faute d’une politique volontariste en la matière. Si rien ne change, la part de l’Europe dans le commerce international passera de 22% aujourd’hui à 12% d’ici 2050.

Les onze propositionslever le moratoireprotéger la recherche, qui respecte un cahier des chargesprotéger l’agriculture traditionnelle et biologiquefixer des seuils réalistes de résidus d’OGM dans les cultures classiquescouvrir le risque OGM (pollinisation accidentelle etc …)en créant un fonds de mutualisation auquel contribueraient les semenciers et l’Etatapporter un soutien financier «sans faille» à la recherche privée et publiquelutter contre l’appropriation du vivant en défendant la certification d’obtention végétale devant l’OMC et en ne défendant que la brevetabilité du couple gène-fonctionaider à mettre en palce une biovigilance dans les pays en voie de développement qui adoptent les OGMinformer les élus locaux et les administrés de ce qui se passe sur le territoire de leurs communesadopter une loi fondatrice sur les biotechnologies, qui pose les limites éthiques à la transgenèse notamment.

Source : Les Echos

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